Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


Ambiance cascade: grave la Gruvaz !

RDV à 8h30. On a oublié le topo donc départ à 9h de La Roche. On se retrouve à 10h30 au Belvédère (on a suivi les indications d’approche du Topo Batoux mais je crois qu’on aurait mieux fait de suivre le topo C2C). On s’équipe, il est 11h. Ambiance : on est dans une gorge encaissée, les portables ne passent pas, il fait pas trop froid (c'est à dire entre -5°C et -10°C), le brouillard nous empêche parfois de voir le versant d'en face des gorges (c'est-à-dire la cascade) et il va pas tarder à neiger.
1er contre-temps : la traversée de la pente pour rejoindre le ruisseau est en glace pas assez recouverte de neige. Du coup c’est casse-gueule. On attaque la cascade à 12H30.

Stéphane prend la 1ère longueur qui démarre sur de la glace assez fine et peu protégeable sur 20 m puis se redresse et devient plus fournie mais aussi plus travaillée. L’escalade est technique et engagée. Puis l’inclinaison diminue de nouveau et Steph’ s’emploi pour trouver une zone de bonne glace apte à recevoir un bon relais pendu sur 2 broches: on est de nouveau dans le vertical. Qq marches de confort heureusement. Lg = 40-45 m

La 2ème longueur commence par une bonne section raide de 10-15 m : ca coule et ça mouille. Puis de nouveau la glace se fait plus fine posée sur des dalles: 15- 20 m sans protection entre le dernier point et le relais sur de la bonne glace 1m au dessus d’une coquille d’oeuf que j’ai cassé: banzaï ! Lg = 45 m

Steph part dans la 3ème longueur à 16h : elle a l’air bonne et facile vue de R2. Erreur plus ca se couche plus la glace est fine et improtégeable. On arrive en bout de corde et on ne s’entend plus : je décide de partir après un moment en corde tendue (on avait convenu d’un signe = tirer 3 coups sur la corde quand c’est bon mais manifestement, il ne viendra pas) car il va faire nuit et je n’ai pas ma frontale. J’espère simplement que les protections sont bonnes et que Steph pourra vite faire le relais. Après avoir grimpé 15m, j’ai 5 m de mou dans les pieds : Steph est en train de faire le relais. Attente stressante dans une zone de glace maigre: tant pis, je grimpe pour atteindre la broche suivante et me vacher au cas où sur la dégaine. Pas de bol, c’est une explose, la broche ne doit pas être terrible en dessous. J’atteinds le relais à toute vitesse pour profiter de ce qu’il reste de lumière du jour: descendre de nuit sans frontale, c’est une chose, grilmper de la glace technique en et une autre ! Je constate les talents de Steph: il a reussi à faire qq chose de sain dans une zone pas évidente: il a fait partir une plaque d’1 m2 qui laisse au jour l’écoulement sur le schiste. Lg = 60 m

Il est 17h30, ill fait nuit. Stéph a déjà une lunule. On en fait 2 autres car 2 sont moyennes (donc 3 au total). La corde est gelée et les noeuds sont très difficiles à défaire. Je fixe mon descendeur en avance sur la corde et repère à la lumière de la frontale de Stéph le matériel que je devrais enlever histoire de faire le moins possible de manipulation dans le noir. En vérité, je vois quand même un peu. 2ème rappel : on voit un noeud sur le bout de corde déjà partiellement rappelée. Je réassure Steph sur 3-4m pour qu’il aille le défaire. Puis la descente se fait sur un impressionnant rideau de stalagtites bien menaçant pour S. qui est sur le relais du dessous. Un dernier rappel et c’est la délivrance. On est aux sacs, il est 20h.

Le temps de revenir à la voiture: retraverser la pente, se déséquiper et faire la marche inverse, il est 21h. J’appelle Carole aussitôt (portable passait pas dans la gorge) qui, rongée par l’inquiétude (à ce niveau de retard, c’était bien compréhensible) avait appelé le PGHM. Happy end donc de 2h d’inquiétude exponentielle pour Carole, mon père et de 10 h d’efforts et émotions intenses pour nous. On est content d'avoir grimpé cette belle cascade (environ 140 m, il restait un petit ressaut de 10-15 m au dessus) dans une ambiance pour le moins hivernale mais je culpabilise bien d'avoir fichu la frousse à Carole. J'espère que la prochaine cascade sera un peu moins source d'imprévus mais ce qui est sûr, c'est que je préviendrai Carole par écrit de notre itinéraire, histoire qu'elle sache où dire d'aller nous chercher au PGHM, just in case.

Selamat Datang

Le voyage en indonesie est fantastique. Carole et moi avons hate de vous raconter tout ca :))

La montagne à l'envers

Nouvelle rubrique: la montagne à l'envers ou comment se fourvoyer, se tromper, se planter bref ce que le commun des homo alpinus appelle se prendre un but. A ce sujet, je vous recommande au passage la visite de ce site web.

Pour faire le vernissage, quoi de mieux que de vous raconter ma plus belle réalisation à ce jour, il se trouve qu'elle est en plus toute récente donc bien vivante encore dans ma mémoire :-)
Voilà le topo :

* Grand Billare - Pyrénées atlantiques
En direction l'arête Larangus - "Ouverture" d'une nouvelle voie: l'autre col caractéristique.
Par Etienne B. et moi-même, juillet 2009
(On a eu le temps de rédiger oralement le topo à la descente histoire de décompresser un peu)

Fixer la veille l'heure de départ du parking à 7h... Le lendemain, éteignez votre réveil, ça va passer. Se lever à 7h15. A 8h15 environ, partir du parking. Pour rattraper le temps perdu, mettez-vous un peu dans le rouge sur le sentier de la marche d'approche en évitant soigneusement de repérer l'approche générale quand on aperçoit un point de vue d'ensemble. Préférez au contraire perdre encore un peu plus de lucidité en avançant plus vite.
Une fois bien échauffé, vous devriez donc avoir remonté tout droit le pierrier à la sortie de la piste du bois de Larangus. Venir alors buter contre un petit cirque rocheux. Prendre alors le temps de faire une pause puis, après un rapide coup d'oeil sur les environs, jeter un non moins rapide coup d'oeil au topo "officiel" [passages pyrénéens]. L'important est d'éviter tout les détails et de retenir arbitrairement celui d'un col caractéristique. Le repérer sur le terrain, droit au dessus du cirque.
Juger alors que celui-ci est atteignable par la gauche via des vire herbeuses puis faites preuve d'un optimisme encore plus aveugle en décidant de couper à mi-parcours par des rochers qui ont l'air faciles.
Grimper dedans toujours en mode approche, donc sans équipement, jusqu'à aboutir à une fourche rocheuse au dessus d'une petite vire herbeuse.
Laisser le doute s'installer...
Après avoir constaté:
- que vous étiez trop haut pour faire demi-tour (soit une hauteur de 10-15 m environ)
- que ça ne passe pas facilement à gauche
- ni à droite...
Laissez un instant de panique vous envahir en considérant que la possibilité de vous planter devient réelle.

A partir de là, brancher pour de bon le cerveau pour ne pas vous la coller ! Le leader devra donc sortir de son sac:
- un coinceur pour faire un 1er point
- la corde pour commencer à se vacher
- un autre coinceur pour faire un 2eme point et donc un relais
- profiter du nouveau confort pour enfiler son harnais et son casque
- aider alors son second à faire de même puis respirer un grand coup

Tirer alors une longueur de 50 m dans du rocher péteux d'abord (III, 15m) puis dans du terrain raide mi-cailloux mi-herbeux jusqu'à trouver un béquet raisonnable pour faire relais. Traverser alors 20 m de rocher pourri (exploité par des cristaliers ?) sur la droite en III/III+ et arriver dans une prairie où faire un confortable relais sur arbre et une petite sieste au soleil. De là rejoindre, juste sous la première aiguille rouge "l'autre col caractéristique".

Quitte à rester dans la raison, regarder attentivement la somme des erreurs écoulées. Descendre alors par l'itinéraire classique d'accès à l'arête Larangus pour rejoindre la piste du lac de Lhurs (20 min).

Reloaded

Après pas loin d'un an d'absence, il était tant de s'y remettre. Au programme dans les prochains jours et prochaines semaines, je vais m'attaquer à la simplification de mon interface (pour mettre à jour plus régulièrment le blog), peut-être revoir un peu le look (ça ne fait jamais de mal), inaugurer de nouvelles rubriques... et reparler enfin montagne !
Stay tuned, as ils disent ;)

Siné [di]dié prend la porte

D’accord, à force de tirer les jeux de mots par les cheveux et par les ongles, on n’y comprend plus rien mais c’est pas grave. Bref, le rapport, qu’Il ne voit toujours pas, existe malgré tout puisque cela fait parfaitement le lien avec le précédent billet. Je m’explique (vous pouvez sortir votre disque de la bande originale des feux de l’amour si vous voulez vous mettre dans l’ambiance):

au début de l’été, le dessinateur Siné se fait virer de Charlie Hebdo après avoir été taxé d’antisémite pour avoir dit que Jeannot allait se convertir au judaïsme pour épouser sa chère et tendre, surtout chère. Là où j’ai un peu de mal dans l’affaire, c’est qu’au lieu de se laisser abattre, Siné se relève d’emblée en réunissant une belle brochette de personnes de gauche à commencer par Guy Bedos, le dessinateur Tardi, ou encore Benoît Délépine, l’un des auteurs « historiques » des guignols de l’info. Je sais (vous pas), ce n’est pas le sujet de cette brève mais c’est pas grave et vous pouvez donc avoir aller voir les renseignements complémentaires sur Siné Hebdo ou encore le blog de Siné. Bref, Siné est un anar notoire mais, à moins d’aller crécher quelques mois à Guantanamo chez l’oncle Georges, on aura du mal à se convaincre de son antisémitisme.

Reprenons donc le cours normal de ce billet : Siné s’adjoint donc aussi les services de Didier Porte, le célèbre vengeur masqué qui ne craint pas de lire ouvertement les yeux dans les yeux à différentes personnalités des chroniques fleuries autant qu’efficaces à des personnes célèbres ou de « la haute société ». Et pour ton plus grand bonheur cher lecteur, non seulement tu pouvais déjà t’abonner au podcast du Fou du roi pour retrouver ses chroniques. Dorénavant, tu peux aussi les retrouver directement sur le web ici.

Et ma joie que d’exulter pas plus tard qu’avant hier lorsque Didier dit à Dominique (Galouzeau de Villepin) : « vous avez au moins un point commun avec Nicolas : vous avez une épouse qui est mannequin à New York tandis que lui a un fils qui est mannequin au conseil général des Hauts de Seine ».

C’est ça, les petits plaisirs de la vie :).
Billets plus anciens ...