Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


Frendo-Ravanel, ou la revanche de Claire Chazal

Après 5 minutes de ski pour l’approche, on se retrouve à l’attaque avec Baptiste. Dommage: on est loin d’être les seuls: 3 cordées devant, autant derrière.
L’une d’elle composée de parisiens particulièrement affutés (ils ont décidé de faire la moitié de la goulotte à corde tendue) nous double dès la pente de neige au dessus de la rimaye. 1 cordée de plus ou de moins, dans le fond, on s’en moque à partir du moment où tout espoir de grimper en première position est vain. Nous acceptons donc notre lot conséquent de spindrifts, à m’en raidir les gants, et me laver le visage, ce qui tombe bien, c’est la seule partie que j’avais oubliée sous la douche ce matin.

La longueur à spindrift: jet orienté bon débit tout confort
Pasted Graphic

Je prends la 2ème longueur où ma plus grosse difficulté réside dans une buée conséquente (depuis le temps, je devrais commencer à comprendre que c’est le masque le plus efficace dans ce genre de terrain!). Bref, je perds une broche, heureusement rattrapée par Roberto, le guide italien de la cordée grimpant juste à notre suite. Le bonhomme se révèle super-sympa et nous passons tout nos relais à discuter de choses et d’autres. Pour dire, un italien qui accepte de dire que Materazzi est un fils de pute est forcément un type bien avec plutôt une bonne prise de recul, rare quand on est italien et qu’on parle de foot ;).

Baptiste passe le 1er crux: une section sévère en mixte et glace moyenne tendance grise, j’ai lézardée pour l’avoir celle-là et je lui tire mon chapeau. Les longueurs s’enchaînent et les relais ne se ressemblent pas: ainsi, ce dernier relais en glace sur lunules consolidées avec des broches nous offre un cas d’école. On commence à fatiguer tout les 2 et je prends le dernier crux: une section d’environ 5 mètres en glace parfaitement verticale et protégeable avant/après mais pas pendant (tout comme le 1er crux d’ailleurs). En même temps, les mollets et les bras chauffent tellement que je n’avais pas forcément plus envie que ça de prendre le temps de brocher pendant cette difficulté. La sortie se fait sur un mini-réta magnifique. Je décide d’enchaîner encore un peu et prolonge d’une longueur en neige. Il doit en rester 2 pour sortir mais il se fait tard.
Let’s go home heureux comme des gamins de ce plaisir de grimper pour la beauté du terrain et du geste plutôt que de la difficultés.

Next one ? J’espère aller bientôt du côté du Tacul, encore ...
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