Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


I believe I can fly

Comme tout grimpeur, j'ai souvent eu à faire face par moments à la peur du vol : petit mental, fatigue, passage exposé, stress, pollution (et demain, chute de cheveux ?). Pire, j'ai non moins souvent été confronté à des copains paniqués à l'idée de voler sans avoir de conseils vraiment utiles à leur donner.

Nov 2012 : Vincent vient de voler dans un 7b technique
aux Grandes Suites


Pourtant, les choses ont évolué ces dernières années. De mon côté d'abord, je me suis progressivement libéré de ces angoisses de sorte que je ne préviens quasiment plus mon assureur avant le vol, preuve que je l'aborde sereinement. De ce fait, j'ai constaté aussi l'effet bénéfique sur des compagnons de cordées qui, à leur tour, ont réussi à se placer dans une dynamique de vol. A ce titre, je me souviens d'une école de vol - cet exercice un peu maso qui consiste à chuter délibérément au-dessus d'un point pour gagner en confiance - que j'ai fais faire à un copain cet été. Le terrain était parfait (la falaise d'Ablon est vraiment raide). On a démarré au niveau du point, puis on est monté de 10, 30, 50 cm, puis 1 m et enfin 2 m ce qui représenta alors un vol d'environ 5 mètres avec l'élasticité de la corde. Après ça, mon pote était psychologiquement rincé ! Mais il avait progressé !
Pas question malgré tout de prendre ces progrès pour définitivement acquis, bien souvent, on peut flipper de nouveau, après une interruption, ou une blessure. Il faut alors se remettre en confiance, dans des voies faciles. Liv Sansoz (la championne d'escalade, pas la boucherie) disait ainsi dans une interview qu'elle se forçait parfois à prendre 3 plombs de suite en début de séance lorsqu'elle sentait qu'elle avait perdu de la confiance.

Dans le même ordre d'idée, toujours cet été, j'ai eu un échec patent sur une école de vol avec une copine : impossible de la faire lâcher prise, dommage car elle grimpe pas trop mal en second et progresserait sûrement d'un ou deux niveaux d'un coup. J'ai bien essayé de la décontracter un peu, genre en lui chantant "Abdel Yves Hakim Fly" précisément et deux trois autres trucs encore, mais, rien n'y a fait. Le blocage est ancré. Bien que le sujet ne soit plus trop d'actualité, j'avais tenté de réfléchir à un plan pour contrecarrer cet échec et songer à des exercices simples (avis aux amateurs, si ça marche, dites-moi ;) ) :
- en second, faire des exercices d'assises dans le baudrier
- puis des pendules, bien pendus dans la corde sur 3 à 5 mètres de larges, en tenant la corde puis sans la tenir. Objectif: bouger dans la corde et tenter de prendre confiance.
- toujours en second, démarrer des exercices de chute, d'abord assuré "sec" puis de moins en moins jusqu'à avoir une légère boucle de mou côté assureur. Objectif : initier à la chute.
- en tête, démarrer alors l'école de vol classique telle que j'avais pu la pratiquer avec l'autre copain à Ablon. ;-).

Bref, tout ça est bien joli mais demande un peu de vérification pratique sur le terrain avec une personne vraiment peu à l'aise... à voir une prochaine fois donc. En attendant, je me souviens enfin du plus important, un billet de blog de Stéphanie Baudet, vraiment didactique sur le sujet, vous y trouverez sûrement votre bonheur pour progresser. C'est par ici ...

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