Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


Emincé de poulet et sa jardinière de légumineuses à la Flore indienne

Le gros problème en cuisine, c'est de se renouveler. En effet, on a beau avoir un "set" de recettes tout comme le musicien possède un set de morceaux qu'il joue en concert, comme un grimpeur qui grimperai toujours les mêmes itinéraires, comme un ... ok on a compris ça devient lourd là ! On finit invariablement par s'ennuyer quand on joue toujours les mêmes.

Depuis le printemps et mon déménagement, j'ai donc reçu pas mal d'amis et ai pris beaucoup de plaisir à me mettre en quatre pour essayer de leur cuisiner de bons petits plats. Ceux-ci ont presque toujours été appréciés. Presque ? Oui car ces amis sont presque tous des grimpeurs. Il en existe donc qui "résistent encore et toujours à l'envahisseur" (ici, l'envahisseur est représenté par la nourriture normale voire gastronome) et ne jurent que par des plats abscons, souvent peu goûtus, secs mais "tellement bons pour la santé". Je veux bien entendu parler des mangeurs de graines qui s'imposent une véritable dictature culinaire à côté de laquelle Pinochet est un bisounours en politique. Pas étonnant qu'il ait fait de la peine au Ché* ...
Bref, si ces quelques réfractaires m'opposaient des arguments constructifs et intéressants certes, comme l'emploi d'aliments qui m'étaient encore inconnus (ou presque ... encore !? ca devient un peu répétitif ici, gare ! La police des blogs n'est jamais loin) tels les légumineuses quinoa, boulgour et autre farine sèche exotique. Problème, mis à part un assaisonnement sel/huile de noix, on me suggérait bien souvent des plats sans saveur.
Revenons donc à nos moutons, pardon, poulets. Quand vint la fin de l'été [oh non, pas Laurent V, faites-le taire !], la situation se résumait donc ainsi : mon set de recettes était bon, mais je commençais à me lasser de cuisiner toujours la même chose. D'un autre côté, j'avais enfin appris l'existence de nouveaux aliments mais n'avais pas eu encore l'occasion d'apprendre une chouette manière de les cuisiner : en clair, un bon plat.

Et là intervint Flore, non, pas le café, la copine de Jef. Bah, oui il est pas tout seul, c'est comme ça. Invité à manger chez elle avec ce dernier, elle nous cuisina ces fameuses légumineuses avec maestria pour composer un plat : simple, saint, de bon goût, bref la bonne alchimie, y compris en rapport avec la saison automnale qui commence. Comble du bonheur papillaire - j'ai toujours considéré que l'assaisonnement était la base de la cuisine, pour que celle-ci ait une autre fonction que strictement alimentaire - Flore a mis dans son plat une épice que je n'avais encore jamais utilisé : la Cardamome ! Et ça, c'est de la balle, même si ça se présente en poudre... ok je sors et je vous laisse donc la recette de Flore :

PS : cette recette sera aussi ajoutée à mon carnet en ligne ;)



Emincé de poulet et sa jardinière de légumineuses à la Flore indienne

Pour 3-4 personnes.

Ingrédients
- 1 sachet de légumineuses "Mélange des andes Bio - Naturaline" de chez Super U qui contient :
quinoa, haricots noirs, haricots blancs, lentilles vertes, flageolets verts, haricots rouges, lentillons rosés, lentilles blondes. Ou alors composer son mélange soi-même. Pour la quantité, compter 100 g par pers environ
- 2 oignons
- un bouillon de légumes (bio, oui c'est compliqué un mangeur de graines, ça mange des graines bio... dans le fond, ils n'ont sûrement pas tord mais on préférerait parfois qu'ils militent pour la généralisation d'un procédé de production plutôt que pour la promotion d'un label ou d'une étiquette)
- 3 carottes
- 1 poireau
- 2 gousses d'ail
- 2 blancs de poulets
- 150 g de chorizo en fines tranches

Assaisonnement
- huile d'olive
- piment fort, paprika, ail, cumin, origan, girofle...
ou bien alors un mélange Chili tout prêt :-D . Quantité : 1 cuillère à café (cac)
- 1 cac de cumin moulu
- 1 demie cac de cardamome
- sel, poivre

Mode opératoire
- Faire tremper les légumineuses une nuit avant (quand on vous dit que ça ne rigole pas la cuisine avec les chaussés en Birkenchtock)
- Émincer les oignons. Les faire blondir dans de l'huile d'olive. Rajouter l'ail, haché au presse-ail
- Assaisonner (sauf sel et poivre) et cuire à feu doux pour ne pas cramer les oignons et dégager les arômes des épices.
- Délayer le bouillon dans une tasse d'eau chaude.
- Débiter les carottes et le poireau

- tout incorporer ensemble, y compris poulet (sans saisir au préalable pour que cela boive bien le bouillon), et chorizo, avec 2 litres d'eau.
- Cuisson à couvert feu moyen à vif pendant environ 1h30.




* source : les Fatals Picards qui en connaissent un rayon en matière d'histoire géopolitique mondiale.
Billets plus anciens ...