Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


La Haute ô Route : la buenaventura !

Mais sans Youri. Parce qu'il a beau avoir écrit "Ne me quittes pas", il nous les brise un peu.
Donc voici le récit.

La Haute  Route, c'est une entreprise de long terme qui se réfléchit mûrement, se prépare à l'avance. C'est simple, le petit topo que j'ai acheté chez mon libraire doit faire 50 pages dont 20 consacrés à l'itinéraire que nous avons suivi. Autant dire qu'il était tellement précis que l'on pouvait lire "au troisième sapin, tourner à droite puis, continuer tout droit, jusqu'au sommet". A se demander si les GPS ne se sont pas mis aussi à écrire...
Bref, vendredi soir, je vois que la météo est belle pour la semaine. Cousin Jean (rien à voir avec Petit Jean car il est grand, ne boit pas de bière ou si peu) vient pour la semaine, c'est parfait. Samedi matin, j'achète chez mon libraire préféré (qui a toujours plein de topos de montagne) le topo de la haute route, j'appelle les refuges et tout va bien, ou pas. En fait, il en manque deux. Bon pour le 1er (c'est-à-dire celui du 2ème soir), il me dit d'aller chez son voisin d'en face "qui est pas loin". Et pour le second (le 3ème soir, vous suivez ?), il m'indique un bivouac "un peu plus loin"...

OK, tout va bien, c'est parti. Pour le détail de l'itinéraire, je vous renvoie au billet "la Haute ô Route: le topo". Bref le 1er jour, on manque à 200 m d'être dans le brouillard mais tout va bien, on a vu, et donc vaincu !
2ème jour, départ dans une brume épaisse, mais avec un peu d'erreur volontaire (pas pour se planter, c'est une méthode d'orientation les bananes, oui, oui, vous là, les lecteurs :-p). Puis on est en dessous et le soleil est de plus en plus généreux. La remontée au refuge suivant est la pire de la semaine : on a pourtant pas traîné pour éviter de se taper le cagnard mais la neige n'a pas regelé depuis plusieurs jours. Du coup, on monte dans un manteau pourri dans lequel il n'est pas rare d'enfoncer et planter les skis sur la longueur de nos jambes : physique, et grosse interrogation pour la suite. Bref, 2h30 de montée pour à peine 500 m de dénivelée. Le calvaire se termine heureusement pas trop tard: 13h30. On se remet donc au refuge en réalisant l'étape qui nous attend le lendemain. En fin de journée, le ciel s'est franchement couvert et il se met à neiger un poil !? Elle disait quoi déjà la météo avant de partir ? Le doute se renforce...

Le lendemain, 3ème jour, le ciel est couvert et on est dans le brouillard mais comme on commence par descendre, on sort du brouillard. La neige est heureusement moins pire que la veille même si encore un peu pourri. On remonte en face. Le plafond s'élève et se désagrège au fur et à mesure de notre montée. On passe donc le plateau du couloir dans un superbe soleil... qui ne dure pas. Le temps d'aller chausser en haut du glacier du Mont Durand, on a déjà de nouveau un peu de brouillard. On ne traîne pas pour rester orienté. Et on repasse en dessous. On est maintenant sûrs de ne plus faire demi-tour ou d'arrêter avant la fin ! Arrivée au refuge (cf billet le Topo.).
4ème et 5ème jours : enfin du grand beau stable et les journées se déroulent sans encombre.

L'arrivée sur Zermatt est même trop rapide : on aurait bien vu une journée plus chargée, et  puis on aurait bien fait un jour ou 2 de plus, c'est qu'on commençait à avoir la caisse. Bref, on retournera faire des raids, sans doute aussi en tentant autre chose : plus d'autonomie (refuges non gardés ou bivouacs ?), plus sauvages ? Peut-être..
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