Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


Another brick in the Wall

Eternelle question du mur, conceptuelle autant que physique. Ou plutôt, les murs physiques mais aussi tout les murs invisibles psychologiques, législatifs, ne relèvent-ils pas d'un même concept ?

Pourquoi construit-on un mur ? Pour se protéger d'une "menace", d'un danger, de quelque chose que l'on souhaite maintenir à l'écart. Quoi de plus naturel que d'aspirer à la sécurité. Pourtant, cette notion est elle même bien plus subjective que l'air du temps voudrait nous le faire croire. En montagne, l'alpiniste peut utiliser un certain mur pour se protéger des chutes de pierre: le casque. Pourtant si ces chutes deviennent plus nombreuses, plus grosses (sans même parler d'effondrement des Drus), lui faut-il prévoir un casque toujours plus gros quitte à ce que ce casque prenne l'allure d'un Blockhaus de la ligne de l'Atlantique ou bien faut-il alors repenser la notion même du mur en se disant que la sécurité ne peut se résoudre ainsi ? La réponse est bien entendu dans la question. L'alpiniste qui se verrait confronté à de telles chutes de pierre n'aurait pas d'autre choix que de s'abstenir de fréquenter le secteur, autrement dit, prévenir le risque en restant chez lui. Il n'aurait donc pas besoin de casque, pas besoin de mur.


L'actualité nous informe quotidiennement de nouveaux murs construits partout à travers le monde qui sont, à la lumière de cet exemple, tout aussi inefficaces. Le mur d'Israël pour s'isoler de la Cisjordanie, le mur législatif contre les roms en France, les murs toujours plus techniques dans les centres commerciaux pour lutter contre le vol (les vigils considèrent les gens comme des voleurs par défaut, portique de sortie caisse avec scanner de ticket de caisse - à quand un scanner intégral d'aéroport pour être sûr que le "client" n'a pas volé un paquet d'apéricubes ?). Tous ces murs qui ne résolvent aucun problème et, le plus souvent, les alimentent. Ainsi, le capitalisme financier a érigé en dogme que tout est 20/80 : 20 % des produits d'un magasin font 80 % du chiffre d'affaire, 20 % de l'humanité produit 80% de la pollution, 20 % de la population possède 80 % des richesses. Le mur alimente le désespoir, à l'instar de la réplique de Balavoine à Mitterrand dans les années 80. ce désespoir augmente la pression sur le mur, que l'on renforce pour ne pas qu'il cède. Tout ceci conduit généralement à la guerre. Il est grand temps de faire baisser la pression, de repenser l'action politique en terme de prévention, de construire un ordre mondial où l'homme soit au centre des préocupations.
Faites le mur, pas la guerre... en fait, cela revient au même.
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