Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


Les photos des sorties des deux dernières semaines

Aujourd'hui, c'est jour de pluie. L'occasion de refaire une petite mise à jour des sorties récentes. Pas de récit particulier, tout s'est bien passé. Je me contente donc d'un récit de photos commentées pour chaque sortie.

Comme d'hab', vous pouvez accéder à la galerie photos de différentes manières :
- via mon profil facebook
- via mon site ouaibe perso
- directement sur Picasa

Cogne le paradis

2 jours, ca passe vite. Surtout à Cogne, aux portes du Grand Paradis. Quand je dis Grand Paradis, ce n'est pas par opposition un à éventuel "petit paradis" car le paradis c'est le paradis, même si c'est vrai que Cogne est un petit coin de paradis. Non pas du tout. C'est simplement que Cogne est un petit coin de paradis, qui n'est donc pas Le paradis, et une porte d'entrée au Grand Paradis, parc national italien et l'un des sommets dépassant les 4000 mètres des alpes. Vous l'aurez compris, pardi !

Bref, 2 belles lignes au compteur avec Stéphane :
- Stella Artice (l'étoile arctique): le nom est bien évocateur. Une superbe ligne bien continue de quelque 140 m de glace et 220 mètres au total (une longueur en neige tout de même). Un crux de 15 m bien verticaux sur un free standing (une stalactite qui pend et touche le sol) dément et géant avec un point de repos au milieu où on passe la jambe à travers pour se refaire un peu les bras. Le topo est ici .
- Chandelle levure: 180 mètres de glace et pas loin de 400 mètres de long au total (3-4 longueurs en neige) donc un free-standing de sortie logé au fond d'un petit amphithéâtre: magnifique ! Le topo est .

Reste que Cogne est assurément un spot majeur d'escalade sur glace et que j'y ai sûrement de quoi m'occuper pour les 30 prochaines années :)

Comme d'hab, les photos sont disponibles sur la page "un demi, une glace" de mon site oueb ou dans l'onglet Picasa via mon profil Facebook ;) .

Ambiance cascade: grave la Gruvaz !

RDV à 8h30. On a oublié le topo donc départ à 9h de La Roche. On se retrouve à 10h30 au Belvédère (on a suivi les indications d’approche du Topo Batoux mais je crois qu’on aurait mieux fait de suivre le topo C2C). On s’équipe, il est 11h. Ambiance : on est dans une gorge encaissée, les portables ne passent pas, il fait pas trop froid (c'est à dire entre -5°C et -10°C), le brouillard nous empêche parfois de voir le versant d'en face des gorges (c'est-à-dire la cascade) et il va pas tarder à neiger.
1er contre-temps : la traversée de la pente pour rejoindre le ruisseau est en glace pas assez recouverte de neige. Du coup c’est casse-gueule. On attaque la cascade à 12H30.

Stéphane prend la 1ère longueur qui démarre sur de la glace assez fine et peu protégeable sur 20 m puis se redresse et devient plus fournie mais aussi plus travaillée. L’escalade est technique et engagée. Puis l’inclinaison diminue de nouveau et Steph’ s’emploi pour trouver une zone de bonne glace apte à recevoir un bon relais pendu sur 2 broches: on est de nouveau dans le vertical. Qq marches de confort heureusement. Lg = 40-45 m

La 2ème longueur commence par une bonne section raide de 10-15 m : ca coule et ça mouille. Puis de nouveau la glace se fait plus fine posée sur des dalles: 15- 20 m sans protection entre le dernier point et le relais sur de la bonne glace 1m au dessus d’une coquille d’oeuf que j’ai cassé: banzaï ! Lg = 45 m

Steph part dans la 3ème longueur à 16h : elle a l’air bonne et facile vue de R2. Erreur plus ca se couche plus la glace est fine et improtégeable. On arrive en bout de corde et on ne s’entend plus : je décide de partir après un moment en corde tendue (on avait convenu d’un signe = tirer 3 coups sur la corde quand c’est bon mais manifestement, il ne viendra pas) car il va faire nuit et je n’ai pas ma frontale. J’espère simplement que les protections sont bonnes et que Steph pourra vite faire le relais. Après avoir grimpé 15m, j’ai 5 m de mou dans les pieds : Steph est en train de faire le relais. Attente stressante dans une zone de glace maigre: tant pis, je grimpe pour atteindre la broche suivante et me vacher au cas où sur la dégaine. Pas de bol, c’est une explose, la broche ne doit pas être terrible en dessous. J’atteinds le relais à toute vitesse pour profiter de ce qu’il reste de lumière du jour: descendre de nuit sans frontale, c’est une chose, grilmper de la glace technique en et une autre ! Je constate les talents de Steph: il a reussi à faire qq chose de sain dans une zone pas évidente: il a fait partir une plaque d’1 m2 qui laisse au jour l’écoulement sur le schiste. Lg = 60 m

Il est 17h30, ill fait nuit. Stéph a déjà une lunule. On en fait 2 autres car 2 sont moyennes (donc 3 au total). La corde est gelée et les noeuds sont très difficiles à défaire. Je fixe mon descendeur en avance sur la corde et repère à la lumière de la frontale de Stéph le matériel que je devrais enlever histoire de faire le moins possible de manipulation dans le noir. En vérité, je vois quand même un peu. 2ème rappel : on voit un noeud sur le bout de corde déjà partiellement rappelée. Je réassure Steph sur 3-4m pour qu’il aille le défaire. Puis la descente se fait sur un impressionnant rideau de stalagtites bien menaçant pour S. qui est sur le relais du dessous. Un dernier rappel et c’est la délivrance. On est aux sacs, il est 20h.

Le temps de revenir à la voiture: retraverser la pente, se déséquiper et faire la marche inverse, il est 21h. J’appelle Carole aussitôt (portable passait pas dans la gorge) qui, rongée par l’inquiétude (à ce niveau de retard, c’était bien compréhensible) avait appelé le PGHM. Happy end donc de 2h d’inquiétude exponentielle pour Carole, mon père et de 10 h d’efforts et émotions intenses pour nous. On est content d'avoir grimpé cette belle cascade (environ 140 m, il restait un petit ressaut de 10-15 m au dessus) dans une ambiance pour le moins hivernale mais je culpabilise bien d'avoir fichu la frousse à Carole. J'espère que la prochaine cascade sera un peu moins source d'imprévus mais ce qui est sûr, c'est que je préviendrai Carole par écrit de notre itinéraire, histoire qu'elle sache où dire d'aller nous chercher au PGHM, just in case.
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