Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


Grand Jacques

C'était le genre de gars à en imposer au naturel, sans trop l'ouvrir. L'ossature d'un charpentier, la voix d'un stentor, le verbe précis sans se départir d'une franche gouaille. Pour s'imaginer le personnage, faut se remémorer les acteurs des années 60-70. Un mélange de Lino Ventura et Jean Gabin histoire de te rassoir, une touche de Jean Lefebvre pour avoir envie de lui offrir un verre.

Bref, ce matin-là, il faisait pas bon traîner dans Chamonix. Ça faisait déjà une paire d'année que toute la maréchaussée de France et des Savoyes était sur les dents. Une sombre série d'explosions dans les magasins de la capitale leur avait mis les nerfs en pelote à ceux-là. On avait songé à une histoire de bouquet mystère mais la vérité était bien plus sordide. La piste Malaussène s'était refroidie au profit d'une bande de désoeuvrés que la société avait si bien laissé pour compte qu'elle s'était résolue à lui mettre le compte en retour, dans un ultime geste désespéré.

Chamonix donc, un matin d'hiver, 9h30. Une explosion retentit. Ca rappelle forcément les événements. D'autant plus que les touristes qui sont là les ont vécu, eux, les événements. Aussitôt des sirènes retentissent. Le commissaire Bialès a sonné l'alerte générale... Dans la vallée, la clameur panique n'est pas loin. C'est que les explosions, ils ont l'habitude de les entendre en altitude, pas à deux pas de leur porte; et pour déclencher des avalanches, pas pour dézinguer des gonzes. Bref, toute la flicaille converge vers l'épicentre.

A l'épicentre justement, Jacquot se tient, tranquille peinard. Lui ne se doute de rien, et ne doute de rien non plus d'ailleurs. Il contemple par dessus ses lunettes rondes le résultat. Il est satisfait et sourit, goguenard. Encore un peu sourd de la déflagration, il se retourne et n'en croit pas ses yeux. Il se sent tel Joliet Jake des Blues Brothers en train de payer la dette de son orphelinat. Tous sont là, la main sur l'arme mais sans franchement le viser. En fait, tous sont incrédules.

A ce stade de l'histoire, un détail de taille manque sans doute au récit. C'est que le grand Jacques, il fait partie de la maison alors la flicaille d'en face, c'est ses collègues au quotidien. Il explose alors à son tour. Un rire baryton, rauque et juvénile. Les collègues commencent à se détendre. Certains arrivent à sourire puis c'est le fou rire général.

Un mois plus tard, un collègue rentré de vacances se fait raconter la méprise. Mais une question demeure : comment ? Il va trouver Jacques au petit déjeuner. Ce dernier n'en demandait pas tant pour passer à table. Il lui raconte alors que, responsable du club de ski de fond communal, il devait faire sauter un rocher pour agrandir la piste du stade d'arrivée. Il avait donc fait toute les démarches, prévenu, les services communaux, préfectoraux, le duché, l'intendant, les pompiers, et donc le commissariat. Le problème, c'est que la messagerie de ces derniers avait tellement bien fonctionné que le message s'était retrouvé au classement vertical. Et le frère Jacques, rigolant encore de l'involontaire canular, de conclure qu'il bossait quand même avec de sacrés intermittents.

Et de conclure: comme souvent à Chamonix, au final, plus de peur que de mal.

Mamita

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Hélène BACOT, née MONOD-BROCA
14 avril 1915 – 8 octobre 2015


le 15 octobre 2015

J'ai eu avec Mamita une relation particulière, unique. J'ai conscience d'avoir été extrêmement privilégié de pouvoir vivre cela, si sincèrement, si longtemps. En 36 ans cette relation a évolué: d'abord grand-mère qui suppléait utilement des parents occupés, nous sommes peu à peu devenus complices, amis, confidents. Je sais que j'ai goûté là des moments uniques, des échanges qui constituaient ce que l'on appelle simplement "les bons côtés de la vie".

Pourtant, je sais aussi à qui je dois ces moments magiques. Je les dois à ses 5 enfants et toutes les personnes qui ont accompagné Mamita dans sa vie quotidienne où le physique déclinait et seul demeurait vaillant son esprit. Je veux donc exprimer ma reconnaissance et gratitude éternelles à ces gens-là, de m'avoir permis de vivre cela : Sylvaine, Eric, Papa et Merita, Jean-Noël, Anne-France, Moulaïde, Tante Rose-Mai, le Dr Lerebourg, les cousins, ses différentes aides à domicile. Je veux remercier tout ceux qui ont œuvré pour faciliter son quotidien avec beaucoup d'abnégation. Je sais que cette tâche est souvent ingrate: la proximité du quotidien fait parfois oublier toute la valeur de ces choses-là. Je sais qu'une personne âgée peut se montrer enquiquinante avec des reproches de détail alors même que l'attention et le dévouement sont constants. Je vous remercie tous, du fond du coeur.

Les mots ne suffiront jamais à évoquer complètement ces 36 années. Mais je n'ai que cela. Il y a 3 semaines, j'ai essayé de te raconter ma découverte de Nietzche. Tu m'as dit dans un soupir regretter de n'avoir pu le lire. Et de me citer directement Kant: "2 choses m'étonnes, le ciel étoilé au dessus de ma tête, et la morale au dedans de moi". Tu as toujours eu le mot juste. Au moment de conclure, comment pouvait-il en être autrement. Je suis resté bouche-bée devant tant d'à-propos puis t'ai fait part de mon admiration dans cette capacité à encore avoir de l'esprit alors que tu étais si faible. Comme toujours, tu m'y a opposé l'évidente normalité de ta personne. Je t'ai alors proposé de faire le tour des chambres de ton étage pour voir le nombre de pensionnaires capables de citer Kant. Et tu m'as répondu dans un rire: "ça, ce serait drôle !". Nous avons toujours partagé ce goût pour l'humour, notamment par l'autodérision.

Tu m'as ensuite rappelé à quel point les relations basées sur la confiance sont celles qui ont le plus de valeur dans la vie, car elles engendrent de la complicité, et du bonheur. J'ai discuté avec toi comme avec bien peu de personnes sur de grands sujets: les valeurs de la société (l'homosexualité, le drame de l'excision), la foi, la drogue, la politique, les médias, des sujets intimes aussi. Tu m'as toujours présenté une ouverture d'esprit et une capacité de réviser ton jugement proprement incroyables, à 90 ans passés.

Les mots ne suffiront jamais. Mon coeur est rempli de souvenirs que je compte bien faire vivre à la hauteur de ta vie, tournés vers l'avant. Un copain m'a rapporté les mots de son grand-père: "un ancien qui part, c'est une bibliothèque qui brûle". Personnellement, c'est le grand incendie d'Alexandrie qui vient de se jouer. Mamita, tu aimais citer 1000 auteurs. J'ai toujours eu du mal à en retenir quelques uns à peine mais permets-moi donc celle-ci de Céline: "Tout se paie dans la vie, les bonnes choses comme les mauvaises. Pour les bonnes forcément, c'est plus cher".

Et puis, tu connaissais mon attachement pour les montagnes et le Béarn… Adishatz, Mamita.

Le plus bel endroit du monde

Avertissement : bien qu'inspiré de faits réels, ce récit comporte de nombreuses modifications et libres interprétations, ne serait-ce que par souci évident du respect de l'anonymat.

-~-

- T'as vu l'article dans le daubé ?
- Non.
- Y a un alpiniste qui est mort avant-hier dans le Mont-Blanc...
"L'aléa" de l'alpinisme. En ce début de journée au boulot, une conversation comme il en arrive assez facilement avec cette montagne si exigeante. Machinalement, je cherche pendant ma pause le lendemain l'article dont le collègue m'a parlé. Pas par voyeurisme. Seulement savoir où ça s'est passé, comment. Je ne sais pas si tous les montagnards font ça. Mais beaucoup, oui, sûrement. Dont moi. Par esprit d'analyse, pour évaluer si j'aurais pu commettre la même erreur, ou simplement faire les mêmes choix d'itinéraire, de stratégie de progression.

La voie en question dans ce cas-là, c'est le pilier central du Freney sur le versant italien du Mont-Blanc. L'une des courses les plus techniques du massif. Qui plus est par une variante encore un peu plus dur que "la classique". Non je n'aurais sans doute pas été là. Pas encore le niveau en escalade. Par ce temps-là en revanche, oui, ça valait le coup de sortir. Un anticyclone magnifique qui s'est installé des semaines durant sur l'Alpe en ce mois de février. Et avec des températures clémentes en plus ! Le rêve.
Il était en solo... déjà que je ne m'estime pas au niveau mais alors dans ce contexte... L'article décrit le bonhomme comme doué et expérimenté. Il a fait son choix et en a assumé le prix. Les journalistes sont toujours friands des détails. Ceux qui échappent complètement aux faits pour toucher la sensibilité (sensiblerie ?) des lecteurs. L'article mentionne : "il a envoyé un dernier sms à un ami guide — Je suis dans le plus bel endroit du monde — laissant présager du pire". Ça "marche". Je commence à m'imaginer la scène : un type mourant à petit feu au pied d'un mur compact de granit orange, en pleine montagne, et profitant des dernières secondes qu'il lui reste à vivre en contemplant un ultime coucher de soleil (n'est-il pas, après tout, dans le plus bel endroit du monde ? ).

—~—

Quelques semaines plus tard.
On est appelé à intervenir sur une recherche de personne. C'est un membre de sa famille qui a donné l'alerte. Une réquisition est ordonnée pour géolocaliser son téléphone portable. Une heure s'écoule avant que des éléments, suffisamment concrets pour orienter nos recherches, ne justifient notre engagement dans celles-ci. La fiche précise que la personne est suicidaire et que dans les derniers SMS envoyés à sa famille, il dit qu'il se sent partir. Il est parti avec sa voiture, une Skoda verte. Je regarde la carte au 25 millième dans notre bureau. Il faut faire vite. La géolocalisation nous a permis d'identifier un cercle de 3 km de rayon autour d'un relais téléphonique, possiblement à l'est de celui-ci. Ça me semble crédible. C'est là que se situent les plus petits chemins, et les plus à l'écart de toute habitation. Il y a des falaises au sud-est... On ne voit qu'elles depuis le centre-ville de la bourgade locale. J'identifie en quelques dizaines de secondes deux ou trois secteurs sur lesquels je nous verrais bien concentrer nos recherches. On se met en route.

Mon camarade conduit avec la virtuosité d'un guitariste de métal sur une sept cordes : à toute vitesse et sans aucun à coup. Dans le village, on tombe sur un neveu. Ils sont en pleine recherche. Il nous informe que les pompiers aussi. A eux deux, ils ont fait toutes les routes du coin. J'essaie de vérifier s'ils ont ratissé mes "secteurs privilégiés". J'ai l'impression que ma description ne leur fait pas penser au chemin que j'ai en tête. Je crois que personne n'a encore regardé en dehors des routes goudronnées. Mon idée numéro un est une route forestière, en terre donc. L'image de l'italien m'obsède depuis que j'ai regardé la carte au bureau. Et s'il avait sauté ces fameuses falaises...
Je guide mon camarade droit sur le chemin en question. Après 400 mètres, nous trouvons la Skoda verte. Le tableau est sérieux. La victime à peine consciente. Je recontacte tout de suite le 18 pour leur communiquer une position GPS et des indications pour que le VSAB des pompiers puisse nous rejoindre au plus vite. On sécurise le véhicule. Parler à la victime pour la "garder". Mon camarade s'en charge, il semble posé dans son discours à la victime, cela me rassure un peu sur l'état de cette dernière. Je passe un premier bilan avec le SAMU au téléphone. J'ai oublié des éléments, c'est sûr. Comment faire autrement quand je n'ai pas eu l'occasion de replonger dans mon PSE depuis des mois. Le debriefing est un exercice ô combien utile...

La famille arrive. Les pompiers aussi. Des badauds peut-être enfin. Pas facile de "protéger" tout le monde dans ce genre de scène, de leur donner leur juste place. La victime est rapidement évacuée pour être hospitalisée. Fin d'intervention.

Mes camarades me félicitent pour l'orientation de nos recherches. Mais, franchement, je serais bien incapable de départager la part de "flair" de celle du "coup de bol" pour ce dénouement à temps. L'image de la falaise ne m'a pas quitté. Pourtant, la réalité était bien différente. Restent les songes. La lecture des chroniques tragiques de l'alpinisme...
Je me figure que la mort d'un alpiniste italien n'a peut-être pas été vaine, là où je m'y serais attendu le moins. Le plus bel endroit du monde.

Seconde life

"En avant, marche". Ce coup-ci, on y est. La troupe s'avance sur la place d'armes. C'est notre cérémonie. Des regards s'échangent, complices mais tout le monde s'applique et se concentre et, pour une fois, ferme sa gueule, même X. C.. On arrive au centre, s'aligne. Je sens l'émotion me prendre: à peine croyable quand on sait que je chantait dans ma tête "We don't need no education" pour passer le temps durant les punitions collectives où nous devions faire des tours de caserne au pas cadencé, quelques mois plus tôt. J'ai toujours eu un caractère indépendant, on ne se refait pas.
Lors de la sortie de la promotion précédente,
la 8ème compagnie sur les rangs en avant-dernière position

Mais ce jour, c'est différent, tout va si vite alors que ça semblait parfois si long quand on était sur les rangs pour honorer d'autres promotions sortantes. Déjà, on se retrouve déployés en V devant les tribunes. Nos cadres nous "remettent nos galons" et nous laissent, symboliquement, autonomes. On se prépare pour le défilé final. Arrivés au niveau de la place d'armes, je dois me contenir, ne pas céder à l'émotion qui m'envahit, forte, comme une lame de fond. On cherche un peu sa famille du regard, mais pas trop pour garder l'alignement des têtes et rester concentrés sur le pas. Avant d'amorcer le virage de sortie, je cherche le regard de nos cadres avec un seul mot en tête: la gratitude. J'espère qu'ils sont fiers de nous comme l'honneur que j'éprouve, à cette seconde, d'avoir été à leurs ordres.
Et oui, famille et amis de longue date, je suis bien désormais militaire ce qui ne change en rien qui j'étais déjà, mais me donne, simplement, une richesse supplémentaire !

Cette journée du jeudi 20 juin passe à toute vitesse. A ce sujet, les curieux peuvent lire ou écouter (ici par exemple : http://www.youtube.com/watch?v=NDYIdBMLQR0) l'intarissable Etienne Klein sur la relativité du temps. Feu le module 211-212 s'était passionné pour ce sujet lors d'une certaine mise en quarantaine au CMP… à moins que je n'affabule légèrement ce qui n'est pourtant pas du tout mon genre :-p .

Le lendemain passe encore plus vite et nous voici au moment où le capitaine ordonne "rompez les rangs". Là, ce coup-ci, j'ai franchement du mal à contenir. Je crois ne pas être le seul d'ailleurs. C'est assez étrange. Faites vivre 100 personnes pendant 9 mois ensemble qui n'avaient, a priori, pas grand chose en commun. Elles s'apprivoiseront forcément. "On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille" dit la chanson. Je crois que c'est là que réside le sens de "la grande famille gendarmerie". On a plus d'affinités avec certaines personnes mais on veille un peu sur tout le monde quand même, y compris le cousin coincé ou la petite sœur gothique. Ce vendredi, j'ai donc eu l'impression de dire au revoir à une nouvelle famille. Comme toute famille ou bons amis, ce n'est pas la distance des années sans se voir qui définit la qualité de nos liens. C'est la capacité que l'on a à se revoir des années plus tard comme si l'on s'était quittés hier.

Vous allez me manquer… et je sais que dans le fond, ma guitare aussi va vous manquer !! ^^
Alors, avant de vous laisser, il faut que je vous dévoile un secret : pourquoi j'étais parfois… juste à l'heure aux rassemblements ! Et comme donc, ma guitare vous manque, je vais vous dévoiler ce secret en chanson. C'est inspiré de cette chanson-là : http://www.youtube.com/watch?v=whoYlcRF-u8. Vous savez c'est delachansond'unstylebizardqueseulbacotécoutequ'onappelleçadelavariétéfrançaiselesjeunes:).
Alors voici ma chanson. Ça s'appelle : "le treillis".

Et n'oubliez pas que c'est juste un peu d'humour, car cet uniforme va me manquer presque autant que vous et comme on dit, qui aime bien châtie bien :) . Merci à toutes et tous pour ces 9 neufs passés ensemble et n'oubliez pas : "L’homme n’a que deux vies : la première… et celle qui commence quand il s’aperçoit qu’il n’en a qu’une" (Confucius).

Saussois 2000, canal historique

Le premier topo d'escalade que j'ai acquis mentionnait le Saussois "2000", vision futuriste qui se projetait alors 10 ans plus tard. Plus singulier, ce topo était celui d'une vallée des Pyrénées ! C'est dire si ce site, modeste par la hauteur, est un morceau de l'histoire nationale de l'escalade.

Vue de la falaise du Parc, voisine plus récente mais non exempte de patine

Revenons en arrière, durant la première moitié du XXè siècle, les alpinistes se tournent de plus en plus vers les ascensions “grimpantes“ et s'attaquent aux plus hautes parois des Alpes. Dans tout les massifs, on grimpe, de plus en plus haut, de plus en plus raide. A la fin du XIXè siècle, les Anglais avaient su montrer aux populations locales de montagnards qu'il n'y avait pas du tout besoin d'être “du coin“ pour réaliser des ascensions hardies. Les années 20-30 voient donc l'escalade se développer en pays de plaine... A ce jeu, les parisiens ne sont pas les moins motivés, bien au contraire ! Ils colonisent rapidement la forêt de Fontainebleau, et attaquent la "Martine" au Saussois en 1939. Dans les années 50, la falaise acquiert sa notoriété grâce à sa raideur et sa relative proximité de Paris. Les plus grands noms s'y succèdent, et notamment nos “glorieux-himalayistes-nationaux", de Paragot en passant par des Alpins tels Desmaison.

Dans l'arête jaune, un 6b "d'époque"

De 1950 à 1970, on va grimper au Saussois en artif, en cherchant à économiser les pitons. C'est le 1er âge d'or de la falaise. De grandes traversées et envolées sont tracées sur le rocher raide, compact, offrant bien peu de possibilités de prises, et même de protections. Des pitons sont plantés dans des trous plus petits que celui d'une aiguille, la falaise, à l'évidence, est riche. J'ai lu pas mal de choses sur la grimpe d'hier et d'aujourd'hui... et oublié certaines qu'un camarade de cordée m'a rappelé ce WE.
A cette époque, Hervé m'a en effet raconté que Berardini & co s'enveloppaient dans de gros matelas et dégringolaient, en guise de rite initiatique, les pentes d'herbe situées sous les falaises. Il m'a également remémoré que dès les années 70, on a commencé à ne plus s'autoriser que les pitons et clous déjà en place pour progresser. On a appelé ce type d'escalade le “Saussois libre“. On jaunissait alors petit à petit à la peinture les pitons que l'on s'interdisait. La bascule s'opérait avec les ouvertures successives du 1er 7a et du 1er 8a de France: Chimpanzodrome ! Cette voie mytique de seulement 15 m a depuis été décôtée à 7c+ mais conserve toute son aura si bien que de bons grimpeurs continuent, aujourd'hui encore, à faire le voyage pour s'offrir Chimpan.

La traversée Paragot, "hommage au moral des anciens dit le topo"
Dans les années 80, le Saussois a donc connu son deuxième âge d'or: l'escalade libre ! ... Alors nous sommes,... nous sommes en 2013 et tout ceci pourrait paraître bien rétrograde. Soit de la nostalgie d'âges d'or forcément révolus, soit plus simplement du temps où il y avait encore du vrai rocher à exploiter et pas une variante si proche d'anciennes voies qu'elles se confondent ou s'obstruent.
Le grimpeur moderne peut vite s'y dégoûter: les cotations libres sont sèches (années 80), l'équipement loin (années 80-90) voire vieilli (80's et avant), et le rocher souvent si patiné par l'empreinte du temps et donc des nombreux passages que certains 6a peuvent être plus difficiles que des 6b+ de voies modernes dans le sud.
Si après une telle description, vous avez encore envie d'y aller: vous êtes dans le vrai ! Car grimper au Saussois offre d'autres sensations: une véritable humilité qui devrait toujours aller de pair avec notre activité pour garantir notre sécurité mais aussi un voyage dans l'histoire de la grimpe. Grimpez avec des yeux d'historiens, et vous serez assez vite accompagnés tout autour de vous par des aînés: "avance, engage, ça passe, là, une faiblesse, protège".
Enfin, le site offre aujourd'hui quelques voies "pas trop anciennes" à l'équipement décent et au rocher sinon hyper-adhérent, au moins exempt "d'effet miroir". Ajoutez que la surfréquentation parisienne n'y est plus de mise (sûrement un effet de l’essor continu des TGV vers le sud-est), le site réapproprié et fort bien entretenu par les locaux du club d'escalade d'Auxerre. Surtout, la douceur bourguignonne de vivre y est intemporelle, coin de bivouac idéal à l'étage, coin baignade dans l'Yonne (le canal) au rez-de-chaussée, exposition majoritairement sud qui va bien à un site "du nord".

La sortie des "échelles"

A titre personnel, je goûte donc à ces nouvelles richesses que je n'ai définitivement pas fini d'explorer. Avec les amis, nous ne grimperons sans doute jamais Chimpan', mais nous avons encore d’innombrables journées à passer sur ce petit bout de paradis, mais chut c'est un secret. Comme tout les paradis, il doit rester caché, maintenant qu'il a atteint le statut de musée.
L'essentiel est dans le chemin, invisible pour les yeux, à l'instar des rencontres toujours trop courtes et fortuites.

Dry tooling

Je vous ai déjà parlé il y a quelques temps de cette discipline. Autrefois dite escalade mixte, on l'a renommé "dry tooling" à la fois car d'un point de vue marketing, c'est plus dans l'air du temps mais aussi parce que le mixte à l'origine conservait ses parts d'escalade humide (neige/glace). Il n'en est plus rien en dry puisqu'elle se pratique avant tout sur des falaises dont les points communs sont un rocher trop médiocre pour la grimpe en chaussons, et du dévers pour que cela soit physique.

Voici une petite vidéo intéressante trouvée sur tvmountain.com qui introduit bien la discipline :




Ce qu'il faut savoir, c'est que, comme toute activité alpine, la discipline a une éthique à géométrie variable en fonction de qui la pratique. La grande question existentielle est : Yaniro or not ?
Moi, j'ai pas tellement le choix, je suis obligé d'être éthique ^^ (bah, oui, pour les gens normaux, c'est pas un mouv' facile). En revanche, pour les gourous de la discipline, cette question trouve un vrai sens, à l'instar de Jeff Mercier qui en débat sur une page dédié de son blog; blog dont, si ce n'est déjà fait, je vous recommande la lecture car il présente fréquemment une relecture d'itinéraires "hors des sentiers battus" et en général bien esthétiques.

A peluche :)

I believe I can fly

Comme tout grimpeur, j'ai souvent eu à faire face par moments à la peur du vol : petit mental, fatigue, passage exposé, stress, pollution (et demain, chute de cheveux ?). Pire, j'ai non moins souvent été confronté à des copains paniqués à l'idée de voler sans avoir de conseils vraiment utiles à leur donner.

Nov 2012 : Vincent vient de voler dans un 7b technique
aux Grandes Suites


Pourtant, les choses ont évolué ces dernières années. De mon côté d'abord, je me suis progressivement libéré de ces angoisses de sorte que je ne préviens quasiment plus mon assureur avant le vol, preuve que je l'aborde sereinement. De ce fait, j'ai constaté aussi l'effet bénéfique sur des compagnons de cordées qui, à leur tour, ont réussi à se placer dans une dynamique de vol. A ce titre, je me souviens d'une école de vol - cet exercice un peu maso qui consiste à chuter délibérément au-dessus d'un point pour gagner en confiance - que j'ai fais faire à un copain cet été. Le terrain était parfait (la falaise d'Ablon est vraiment raide). On a démarré au niveau du point, puis on est monté de 10, 30, 50 cm, puis 1 m et enfin 2 m ce qui représenta alors un vol d'environ 5 mètres avec l'élasticité de la corde. Après ça, mon pote était psychologiquement rincé ! Mais il avait progressé !
Pas question malgré tout de prendre ces progrès pour définitivement acquis, bien souvent, on peut flipper de nouveau, après une interruption, ou une blessure. Il faut alors se remettre en confiance, dans des voies faciles. Liv Sansoz (la championne d'escalade, pas la boucherie) disait ainsi dans une interview qu'elle se forçait parfois à prendre 3 plombs de suite en début de séance lorsqu'elle sentait qu'elle avait perdu de la confiance.

Dans le même ordre d'idée, toujours cet été, j'ai eu un échec patent sur une école de vol avec une copine : impossible de la faire lâcher prise, dommage car elle grimpe pas trop mal en second et progresserait sûrement d'un ou deux niveaux d'un coup. J'ai bien essayé de la décontracter un peu, genre en lui chantant "Abdel Yves Hakim Fly" précisément et deux trois autres trucs encore, mais, rien n'y a fait. Le blocage est ancré. Bien que le sujet ne soit plus trop d'actualité, j'avais tenté de réfléchir à un plan pour contrecarrer cet échec et songer à des exercices simples (avis aux amateurs, si ça marche, dites-moi ;) ) :
- en second, faire des exercices d'assises dans le baudrier
- puis des pendules, bien pendus dans la corde sur 3 à 5 mètres de larges, en tenant la corde puis sans la tenir. Objectif: bouger dans la corde et tenter de prendre confiance.
- toujours en second, démarrer des exercices de chute, d'abord assuré "sec" puis de moins en moins jusqu'à avoir une légère boucle de mou côté assureur. Objectif : initier à la chute.
- en tête, démarrer alors l'école de vol classique telle que j'avais pu la pratiquer avec l'autre copain à Ablon. ;-).

Bref, tout ça est bien joli mais demande un peu de vérification pratique sur le terrain avec une personne vraiment peu à l'aise... à voir une prochaine fois donc. En attendant, je me souviens enfin du plus important, un billet de blog de Stéphanie Baudet, vraiment didactique sur le sujet, vous y trouverez sûrement votre bonheur pour progresser. C'est par ici ...

Salut Rémy

Printemps 2012, dans la benne de l'aiguille du midi...

- Salut, c'est bien toi Rémy Lécluse ?
- Et oui.
Rémy m'adresse un sourire avenant, toujours prêt à entamer une conversation impromptue, et sans jamais "jouer les stars" alors qu'il s'est fait un joli nom dans le milieu au travers de nombreuses ouvertures en ski de pente raide notamment.
- Je crois que tu m'avais noté au dernier probatoire en 2011 sur le terrain varié.
- Euh bah non, le probatoire, ça fait des années que je n'ai pas été jury... pourquoi, tu t'es fait saqué ?
- Euh bah oui, mais je t'en aurais pas voulu non plus même si ç'avait été toi, je veux dire.
Petit sourire gêné d'une conversation qui démarre sur une pente un peu savonneuse.

Mais Rémy détend rapidement l'atmosphère. On commence à parler de ses skis. Des protos, Dynastar forcément. Puis du ski en général, des conditions de neige, des modèles que j'ai essayé. Rémy recherche l'échange, le partage, toujours en quête de l'excellence dans son élément, donc d'apprendre des autres; toujours passionné par son élément donc de transmettre aux autres.


Ainsi, j'avais fait la rencontre de Rémy Lécluse. A mes yeux, il a incarné le ski de pente raide et m'en a appris quelques rudiments utiles (je remets quelques vidéos à la fin de ce post qui m'ont aidé).
Tu es maintenant porté disparu sur les pentes du Manaslu... On part toujours trop tôt. Tu as rallumé le pétillant de mes yeux du gamin skieur que j'étais, et espère être de nouveau en parti grâce à toi. Tu laisses une trace bien moins éphémère que celles que tu affectionnait tant, sur une belle neige.

Merci Rémy, adieu.


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- Explications sur le matériel en pente raide


- Rémy explique la technique de virage en pente raide, en haut de la face N de l'aiguille du midi :


- Descente de la Contamine-Négri, au triangle du Tacul, une course côté D à la montée :

Timelapse

La montagne est-elle un sport ?

Des années que je m'interroge sur ce sujet.
J'ai commencé la montagne sous l'influence de grimpeurs pyrénéens, avec une identité propre (et une éthique non moins). Parmi eux, les frères Ravier font figures d'icônes vivantes. Sur la quatrième de couverture du livre de Jean-François Labourie et Rainier Munsch qui leur est consacré, on perçoit tout l'esprit Ravier en une formule : "absence totale d'entraînement, mépris de l'équipement, refus des modes : le génie des frères Ravier réside dans une conception très personnelle de la montagne, basée avant tout sur l'amitié". Tout semblait m'indiquer que la montagne était autre chose qu'un "sport".

Puis j'ai grandi. Commencé à travailler. Chez Décathlon en particulier, où la montagne est, forcément, un sport. Une valeur marchande, comme un poids d’haltérophilie. Alors je l'ai vendue... et j'ai eu la sensation de me vendre parfois en même temps. Etait-ce vraiment une activité physique comme une autre ? Y'a-t-il une différence entre "sport" et "activité physique" ? Intimement, je percevais que cela n'avait quasiment rien à voir. Que le sport était associé à une notion de compétition, qui oppose les hommes les uns aux autres alors que la montagne les rassemble dans un moment de vérité : la cordée.

Alors plutôt que de faire une longue dissertation, je vous laisse écouter cette conférence de Paul Ariès qui m'a bien aidé à clarifier ces idées depuis quelques jours. C'est long (plus d'une heure) mais passionnant ! Cela va bien au-delà de la notion de sport, puisqu'il intègre sa vision à une vision politique globale de la société.




NB: il y a deux vidéos supplémentaires #2 et #3 accessibles depuis celle-ci contenant notamment les questions du public.

La nonne et le mécréant

Voici une jolie histoire publiée dans le Blé (Bulletin de liaison et d'échanges) de mon ancienne paroisse protestante de Clamart-Issy-Meudon-la-Forêt :


LA NONNE ET LE MÉCRÉANT

  Voici deux lettres authentiques qui datent de 2004. La première a été adressée à la CGT par Sœur M.

Madame Monsieur, Religieuse cloîtrée au monastère de la Visitation de Nantes, je suis sortie, cependant, le 19 juin, pour un examen médical. Vous organisiez une manifestation. Je tiens à vous féliciter pour l'esprit bon enfant qui y régnait. D'autant qu'un jeune membre de votre syndicat m'y a fait participer ! En effet, à mon insu, il a collé par derrière, sur mon voile, l'autocollant CGT après m'avoir fait signe, par une légère tape dans le dos, pour m'indiquer le chemin. C'est donc en faisant de la publicité pour votre manifestation que j'ai effectué mon trajet. La plaisanterie ne me fut révélée qu'à mon retour au monastère. En communauté, le soir, nous avons ri de bon cœur pour cette anecdote inédite dans les annales de la Visitation de Nantes. Je me suis permis de retraduire les initiales de votre syndicat (CGT=Christ, Gloire à Toi). Que voulez- vous, on ne se refait pas. Merci encore pour la joie partagée. Je prie pour vous. Au revoir, peut-être à l'occasion d'une autre manifestation.
Sœur M.



Réponse du secrétaire général de la CGT
Ma sœur, Je suis persuadé que notre jeune camarade, celui qui vous a indiqué le chemin, avait lu dans vos yeux l'humanité pure et joyeuse que nous avons retrouvée dans chacune de ces lignes de votre lettre. Sans nul doute il s'est agi d'un geste inspiré, avec la conviction que cette pointe d'humour "bon enfant" serait vécue comme l'expression d'une complicité éphémère et pourtant profonde. Je vous pardonne volontiers votre interprétation originale du sigle de notre confédération, car nous ne pouvons avoir que de la considération pour un charpentier qui a révolutionné le monde. Avec tous mes sentiments fraternels et chaleureux.
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT

23 juin - It's morning again in la Haute Savoie

"Ce matin, menace de grippe aviaire, trop de fachisme en Bavière ..." Tryo résonne tranquillement dans l'auto-radio. It's morning again in la Haute-Savoie*. Et puis, c'est mon anniversaire. Mais j'ai décidé de ne pas trop le fêter. L'envie de rester concentrer sur le probatoire de l'ENSA qui approche. La famille et les amis trop dispersés un peu partout aussi.
Non, aujourd'hui, je vais passer une bonne journée grimper dans ce merveilleux site des Gorges d'Ablon. Et comme il a déjà été un site d'examen, ça ne gâche rien. On s'est rencardé avec Vincent la veille pour 11h30 à l'église de Thorens-Glières et au petit matin, aperçus que ni lui ni moi n'avions le topo: il va faire le détour pour en acheter un et sera un peu en retard. Tant mieux, moi aussi j'avais quelques minutes de retard.

Bref, je suis en route, ni en retard ni en avance. Je viens de passer la Roche et de quitter la route d'Annecy peu après le col d'Evires. Je suis désormais sur la petite route des Chappes à quelques kilomètres de Thorens. Il est environ 11h40. Un virage assez serré à droite en légère descente. De la végétation qui obstrue la visibilité au-delà de 30 m. Un bruit de pétrolette. Une moto de 50 cm-cube. Elle est à la corde. J'ai à peine le temps de freiner sur 5 ou 10 m, de changer ma trajectoire de 20 à 30 cm. Il y a un fossé à droite. Je n'ai pas osé. Lui a pu se déporter de la largeur de ma voiture. Mon sang se glace. Je le prends de plein fouet, et mets encore quelques mètres à m'arrêter.

VITE ! Frein à main, je sors en courant, tremblant, jurant, téléphone à la main. Je cours, il est dans l'extérieur du virage. Quasiment en position latérale de sécurité. Il a déjà enlevé son casque; et il gémit, je lui bredouille 2 mots pour lui demander de garder cette position sans chercher à se relever, tout en composant le 18. Son pied est entaillé sur toute la longueur. Pas beau du tout. Les pompiers répondent. "Je viens de percuter un jeune motard en voiture en direction de Thorens-Glières, il est conscient mais sérieusement blessé au pied ...". J'ai du mal à nous localiser précisément. Un automobiliste s'arrête. Il prend mon téléphone, il sait où on est. Je retourne au près du blessé. Il a chaud, il veut enlever son pull. "Bouge pas mon grand" (ndlr: espèce de gros malin, merde !). Bon bah ok j'ai qu'à t'aider pour la dernière manche alors. Une nouvelle passante, à pied. Je l'avais doublé 5 minutes plus tôt sur la route avant l'accident. Elle est calme, concentrée, infirmière de bloc. Réconfort d'un premier secours sur place. Elle prend à son tour la communication avec les pompiers. Le premier camion est déjà parti, le SAMU aussi. On finit l'appel, raccroche.

On est désormais trois autour de la victime. On tâche de lui faire de l'ombre, notamment sur la plaie pour lui éviter de coaguler avant d'être nettoyée. L'infirmière voudrait des ciseaux pour couper la chaussette. Commencer à nettoyer la plaie. Un garde chasse s'arrête. Il a un gros couteau à cran d'arrêt. C'est dérisoire mais toujours ça.

Les pompiers arrivent enfin. Des minutes qui paraissent toujours interminables en ces circonstances même s'ils ont certainement mis moins de 10 minutes. Désormais, l'infirmière peut les aider avec du matériel. Ils mettent en place un champ stérile. Un deuxième camion arrive. Les renforts ferment la route des deux côtés. De nombreux secouristes sont désormais là. Je commence à me relâcher. La nausée monte mais je la contiens. Que va-t-il lui arriver ?

Le SAMU est là. Il l'examine sous toutes les coutures. Ça a l'air d'aller vraiment bien par rapport au choc subi. Le pied ne semble même pas fracturé. Je commence à observer la scène en grand angle. Sa moto est dans le bas-côté, selle arrachée sous l'impact. Ma voiture est défoncée : pare-choc, aile, phare, capot, pare-brise.

Les gendarmes sont là. Ils font les constatations et photos. Je les reverrai le lendemain pour les détails. Le blessé part dans l'ambulance. Peu à peu, la scène se vide de ses protagonistes et de son décors. La dépanneuse embarque ma voiture.

 Plus tard dans l'après-midi, la mère de la victime me donne des nouvelles rassurantes depuis l'hôpital. Ce ne sont que des chairs qui sont touchées. Pas de fracture. Pas de trama. Ce jeune est un miraculé. Journée de merde. L'assurance va-t-elle réparer ma caisse ou me la rembourser, royale, au prix de l'argus ?
En fait non. Ce n'est pas une journée de merde. Et cette voiture plus qu'endommagée un (très) beau cadeau d'anniversaire. Et si j'avais eu une belle Audi ? Et si elle ne s'était pas déformée ni abimée ? Ma voiture cassée, c'est la vie de ce gosse sans doute sauvée. Ça n'a pas de prix.

C'est une belle fin de journée, en Haute-Savoie.



* formule empruntée à un célèbre spot pour la 1ère campagne présidentielle de Reagan : http://bit.ly/NXKDln

Bref, j'ai craqué... j'ai repris

Ça fait trois jours que la météo annonce de la neige. Ça fait trois jours que je regarde la météo et les webcams tout les jours. Ce matin, je me lève et je commence à mettre les pneus neige. Je vais chercher le cric. Je vais chercher les pneus. Je monte les roues. Je regarde ma montre: midi. Je vais manger. Je regarde les webcams, c'est encore juste mais il en est retombé un peu. Je reregarde ma montre, il est 13h30. Je prends un café, 13h45. J'hésite sur les conditions. 60 km aller-retour peut-être pour rien. Je réfléchis. Après il faut attendre samedi. J'regarde encore ma montre: 14h00. Si tu te bouges pas maintenant, il n'y a plus d'après-midi. Je prends une décision, vais chercher mon sac à dos. C'est parti. Je prends l'autoroute pour aller plus vite. Monte en direction des Carroz. Puis continue vers Flaine. La route devient mauvaise. Même les pneus neige patinent. J'arrive à Vernant, 1750 m. Je me prépare. 15h10 : départ. Je grimpe au sommet du coin. 16h00, 2250 m. J'enlève les peaux. C'est juste mais je ne touche pas de cailloux.
Bref. J'ai craqué... j'ai repris !

NB : pour ceux qui ne connaîtraient pas, texte inspiré de la série Bref.


Dire qu'on a grimpé sur les falaises de gauche il y a 2 semaines

La combe de Vernant

Traces: montée à gauche, descente à droite

Cultures Bio

Vous vous souvenez peut-être du film d'un film qui m'avait emballé : solutions locales pour un désordre global.

Bon ça a l'air un peu con comme ça, mais Carole et moi mangeons de plus en plus bio depuis ce film et franchement, avons l'impression de manger de mieux en mieux. Récemment, on s'est même mis à faire pousser des salades sur notre balcon. Et bien, objectivement, on a hâte de les goûter. Un truc pourtant pourrait gâcher la culture: les parasites et la tentation d'utiliser un insecticide serait de suite assez forte.

Toutefois, il paraît que des méthodes de traitement bio existent aussi. Et à voir cette page du site du film, on se dit que ce ne sont pas les idées qui manquent. Réapprendre des gestes simples que l'on aurait jamais dû oublier, le renouveau du bonheur dan l'assiette.

On vous racontera quel goût a notre première culture de feuilles de chêne rouge :) .

K, histoires de crabe

Dans une précédente note (visible ici), j'osais vous parler, assez tard, de ce blog magnifique tenu par Marie-Dominique Arrighi sur l'histoire de son cancer. Et finissais ma note en espérant que ses écrits lui survivraient longtemps.
Non seulement ce souhait de nombreux lecteurs a été respecté et Libé s'est engagé à maintenir le blog en ligne à son adresse originale mais ces écrits sont également repris dans un livre éponyme (K, histoires de crabe) aux éditions Bleu Autour ce que je me devais de signaler.

Sensibilité pénale

Faisons un vœu. Qui, à part quelque patron du CAC40 ou assimilé, ne souhaite pas la suppression du bouclier fiscal. Prenons son inverse, son négatif le plus exact. L'opposé d'un bouclier est bien une arme. Appliquons-le toujours au domaine du pognon mais plus à la fiscalité puisque dixit notre président, "on ne peut imaginer prélever plus de 50% de ses revenus du travail à quelqu'un". Même si après soustraction, il demeure encore plus de cinq zéro au montant...

Soit. Appliquons donc ce principe au domaine de la justice. Pour un smicard, stationner sur un emplacement réservé aux handicapés coûte aujourd'hui une amende de 135 euros, comme pour Antoine Zaccharias (tout juste relaxé de n'avoir pas du tout abusé de son ex-société Vinci en touchant... pff on ne peut même plus compter). Pour le smicard, cette amende représente environ 10% de son revenu mensuel. Pour un grand patron donc, cela peut représenter 0,1% s'il touche 100 000 euros par mois voire 0,01% s'il touche un million chaque mois. Ce dernier peut donc se garer 365 jours par an n'importe où au mépris de toute règle du "vivre en société" c'est-à-dire vivre ensemble.

Voici ce que je propose à nos dirigeants politiques : imposer des contraventions pécunières non plus sur la base d'un montant fixe mais d'un proratat d'un salaire net imposable. Soyons lucides, cette mesure ne changerait pas du tout au tout le cours de la société à la manière d'un Robin des Bois législatif, mais au moins irait elle dans le sens de plus d'équité, valeur devise de la république française dont on a bien trop peu entendu parler dans le débat sur "l'identité nationale".

L'art du recyclage

A l'heure où le roi le président Sarko 1er préside la cérémonie posthume de la taxe carbone, parlons de nouveau un peu écologie. Après tout, bien que la droite parte de plus en plus à droite, en dépit ou à cause du résultat des élections, ce sujet était encore porteur il n'y a que quelques jours. Et plus précisément, intéressons-nous au sujet du recyclage.

L'écologie a aujourd'hui un poids politique, c'est indéniable même pour Xavier Bertrand ou Frédéric Lebfèvre, tous deux majors de leurs promotions respectives à l'ENSD (Ecole Normale Supérieure de Déni). Ceci dû à la prise de conscience collective croissante de l'importance du sujet. De ce fait, les plus réfractaires -les industriels- sont aussi ceux qui sont le plus poussés à montrer patte blanche auprès de l'opinion, quitte à la teindre ! En effet, ils perçoivent l'écologie comme une menace, un frein à leur sacro-sainte "compétitivité". Leur meilleure arme pour lutter: la communication. La belle langue de bois stalinienne se plait parfaitement dans certains rouages du capitalisme. Qui n'entend ni ne voit de nos jours des entreprises vanter leurs produits "éco-conçus" (à défaut d'être "éco-produits"), leurs plans verts pour changer les ampoules, mais garder les conditionnements plastiques individuels etc. et Jean passe (te fais pas écraser).

Pourtant, s'il y a bien un point sur lesquels les entreprises rechignent à imaginer des "éco-solutions". C'est bien le traitement des déchets induits par les produits qu'elles vendent, autrement dit, le recyclage.

De telle sorte que tout est renvoyé au niveau de normes européennes mais aussi de mise en place de tri sélectif par les collectivités locales, la responsabilité incombant à tout citoyen mais surtout pas aux "géniteurs" de ces produits. Pourtant, certains secteurs sont déjà responsabilisés sur ce point par la législation, ceux qui concernent des produits de consommation encombrants tels des véhicules ou du gros électroménager. Les garagistes sont tenus de s'occuper des vieux véhicules, les enseignes telles Darty ou Boulanger de récupérer votre vieux frigo à la livraison du nouveau.
Mais dès que les produits rapetissent, les lois qui les régissent aussi ! De telle sorte que chacun doit se débrouiller avec ses vieux écrans, ordinateurs, chaînes hifi, disques etc. Si chaque enseigne se voyait contrainte de consacrer une partie de sa surface commerciale au traitement des déchets de ses produits, je suis convaincu que ces entreprises trouveraient vite des solutions non seulement pour mieux recycler, mais aussi seraient plus responsables en amont sur le volume de déchet induit par leur production. En effet, quoi de moins vendeur qu'une grande poubelle dans une surface de vente ?

Le blog de feu MDA, journaliste à libé décédée le 19 mars

A LIRE : http://crabistouilles.blogs.liberation.fr/

Il est des choses que l'on suit sans oser en parler. Ca fait longtemps que j'aurais souhaité partager ce blog, bien écrit, très riche humainement. Et puis, le cours des choses rend cela difficile, quasiment indécent. Aujourd'hui, c'est de nouveau possible, malheureusement. Voici donc mon témoignage à Marie-Do, cette journaliste-courage de Libé dont on espère que ses écrits resteront encore longtemps en ligne.


Marie-Do, j'ai suivi ton blog de longs mois durant de telle sorte que je t'ai connu un peu, à force de lecture. Et pourtant je n'ai pas su me faire connaître... tu en avais déjà tellement, de lecteurs. Peut-être aussi mon éternelle timidité quasi-maladive, la peur de ne pouvoir donner le change aussi franc, intime et sincère sur ma propre vie.

Reste qu'une immense majorité de gens ont affaire au cancer, directement ou indirectement, dans la famille, des amis, des connaissances. Ton blog restera pour tous une sorte de manuel pour ré-humaniser des traitements le plus souvent lourds et techniques; pour vivre, simplement, jusqu'au bout.

On dit parfois de manière un peu péjorative d'une personne qu'elle a "l'intelligence du cœur". Quand celle-ci se joint à l'intelligence tout cour, je crois que l'on a tout simplement affaire une personne exceptionnelle.
Merci,* Adieu Marie-Do.

* je mets une virgule ou "et" ? une question qu'il t'aurait sans doute plu d'arbitrer, ou pas, je ne te connaissais pas si bien que ça.

Plan d'entraînement à destination de Myriam

Bonjour Myriam,

voici ton programme d'entraînement qui commence maintenant :) .

Quelques remarques générales :
- L'idéal est d'espacer tes séances de 2-3 jours sauf mention contraire. Pense à boire régulièrement, l'idéal est une petite bouteille à la main si tu cours dans les bois ou dans les gradins si tu es au stade mais dans ce cas, tu ne bois qu'à la fin pour ne pas t'arrêter.
- Régime alimentaire: évite les denrées trop grasses et surtout l'alcool. Sur ce point, le plus important est d'éviter l'excès (un verre de vin par jour est moins préjudiciable qu'une cuite toutes les 3 semaines). Donc voilà, si tu bois un jour, évites de dépasser une bière ou bien un verre de vin dans la journée.
- La veille de séance, un plat de pâtes bien aldente est l'idéal avec un fruit en dessert.
- En début de séance, échauffement léger avec étirements très doux, mouvements articulaires (chevilles, hanches, bras) puis quelques courses de plus en plus sprint de qq secondes à dizaines de secondes (pour mettre en route ton coeur)
- En fin de séance, boire bcp. Pratique plutôt des étirements à froid.

Cette semaine :
- Une séance de 20 min en course douce pour reprendre, la seule chose importante est de ne pas t'arrêter.
- 2eme séance de 20 à 30 min idem sans t'arrêter.

2è et 3è semaines :
Tu gardes 2 séances par semaines et tu cherches à en augmenter progressivement la durée (toujours sans t'arrêter et sans chercher "à courir vite") jusqu'à courir 45 min à 1 heure dans une séance.

A partir de la 4è semaine :
Tu rajoutes une 3ème séance hebdomadaire. Du coup ça te fait:
- 1ère séance, tu ne changes rien : 45 min à 1h de course à rythme de fond.
- 2è séance: fractionné. Tu fais 3 fois 1500 m à fond avec juste après 5 min de course très lente pour le retour au calme mais si possible sans t'arrêter. Autrement, tu fais une pause la plus courte possible entre chaque.
- 3è séance, si possible le lendemain de la 2è: décrassage. Tu cours 30 à 45 min à très bas rythme pour éliminer les toxines.


Voilà, je sais, c'est contraignant mais le plus dur, c'est de commencer. Au bout de 3-4 semaines, tu devrais commencer à y prendre goût et voir que c'est une discipline où on peut aussi avoir d'autres sensations que de la souffrance.

Et pour le ski, ca ne peut que servir aussi (j'ai des champs de poudreuses qui ne sont accessibles que si on monte d'abord :) )

Reloaded

Après pas loin d'un an d'absence, il était tant de s'y remettre. Au programme dans les prochains jours et prochaines semaines, je vais m'attaquer à la simplification de mon interface (pour mettre à jour plus régulièrment le blog), peut-être revoir un peu le look (ça ne fait jamais de mal), inaugurer de nouvelles rubriques... et reparler enfin montagne !
Stay tuned, as ils disent ;)

Siné [di]dié prend la porte

D’accord, à force de tirer les jeux de mots par les cheveux et par les ongles, on n’y comprend plus rien mais c’est pas grave. Bref, le rapport, qu’Il ne voit toujours pas, existe malgré tout puisque cela fait parfaitement le lien avec le précédent billet. Je m’explique (vous pouvez sortir votre disque de la bande originale des feux de l’amour si vous voulez vous mettre dans l’ambiance):

au début de l’été, le dessinateur Siné se fait virer de Charlie Hebdo après avoir été taxé d’antisémite pour avoir dit que Jeannot allait se convertir au judaïsme pour épouser sa chère et tendre, surtout chère. Là où j’ai un peu de mal dans l’affaire, c’est qu’au lieu de se laisser abattre, Siné se relève d’emblée en réunissant une belle brochette de personnes de gauche à commencer par Guy Bedos, le dessinateur Tardi, ou encore Benoît Délépine, l’un des auteurs « historiques » des guignols de l’info. Je sais (vous pas), ce n’est pas le sujet de cette brève mais c’est pas grave et vous pouvez donc avoir aller voir les renseignements complémentaires sur Siné Hebdo ou encore le blog de Siné. Bref, Siné est un anar notoire mais, à moins d’aller crécher quelques mois à Guantanamo chez l’oncle Georges, on aura du mal à se convaincre de son antisémitisme.

Reprenons donc le cours normal de ce billet : Siné s’adjoint donc aussi les services de Didier Porte, le célèbre vengeur masqué qui ne craint pas de lire ouvertement les yeux dans les yeux à différentes personnalités des chroniques fleuries autant qu’efficaces à des personnes célèbres ou de « la haute société ». Et pour ton plus grand bonheur cher lecteur, non seulement tu pouvais déjà t’abonner au podcast du Fou du roi pour retrouver ses chroniques. Dorénavant, tu peux aussi les retrouver directement sur le web ici.

Et ma joie que d’exulter pas plus tard qu’avant hier lorsque Didier dit à Dominique (Galouzeau de Villepin) : « vous avez au moins un point commun avec Nicolas : vous avez une épouse qui est mannequin à New York tandis que lui a un fils qui est mannequin au conseil général des Hauts de Seine ».

C’est ça, les petits plaisirs de la vie :).

Jean neton prend sa dartylle

Sarko m’agace. Non pas le père avec sa guimauve chantante (à moins que ce ne soit l’inverse) mais le fils, Jean. D’abord, il y a ses cheveux, cette espèce de tignasse façon « L’Oreal, parce que je me la pète grave » a un côté extrêmement grotesque. Le jour de l’adaptation de Shrek en film, je vois Jean en première place pour décrocher le rôle de « Charmant », ce prince si égocentrique et vaniteux qu’il a tout sauf son nom.
Et puis, il y a son côté privilégié de la république: si on me vole mon scoutère, Papa débauche les experts à Miami pourvu qu’il soit retrouvé intact dans les 24 heures (Non, Jack Bauer n’était pas dans le coup). Ca me rappelle l’histoire d’un pote à qui, lui aussi, on a volé sa mob. Très conscient de ce monde, il s’est dit que c’était peine perdue d’aller voir la police pour simplement déclarer son vol et attendre en toute confiance que le commissaire Bougret prenne en charge en personne cette affaire. C’est pourquoi il a commencé par retrouvé où avait été stocké son scooter volé avant d’aller voir les messieurs policemen pour leur dire : « on m’a volé mais je sais où c’est ». Réponse laconique du « service public »: « puisque vous savez où il est, allez le chercher vous-même ! ».
Cette histoire était il y a 15 ans et on est heureux de voir à quel point la police a changé auourd’hui ;).
Quand à Jeannot, si tu pouvais juste te contenter de dépenser les bons bénéfices des DartyBox un peu plus discrètement (demande à Papa, parait qu’il a un yacht à la fois discret et sympa) ou alors de te couper les cheveux, ce serait un meilleur début pour la sacro-sainte « cote de popularité » que l’un ou l’autre ne manquera pas, un de ces quatre, de mesurer à ton endroit.

La police recrute...

Profil
Vous êtes titulaires d'un niveau Bac -4 à Bac-(pr)0. Vous avez entre 18 et 40 ans (vieillesse rime avec sagesse et politesse, mais pas police-it). Vous disposez d'un permis B de plus de 2 ans et avez 12 points dessus au moins. Votre cas judiciaire est vierge de toute infraction à commencer celles que vous serez chargé de sanctionner au moins au début.

Alors vous pouvez postulez[N1] comme gardien de lap-hey. La Bac (Brigade anti-courage) recrute sur concours les profils sus-mentionnés.


N1 : Pour les titulaires d'un bac général ou technologique, vous serez soumis à un pré-test de sélection et à des conditions particulières de déroulement du concours. Pour interpeller un suspect, faites un claquement sonore avec votre langue puis meuglez "hey, toi là !" : tout le monde se sentira suspect, donc le suspect aussi, ingénieux non ?


Modalités du concours
Pour être admis, le candidat devra présenter une moyenne d'au moins 8 et au plus 10 sur 20 à l'ensemble des épreuves. Pour les candidats mentionnés en N1, un malus de 10 points sera appliqué à sa moyenne, si avec ça, il est suffisamment con pour être reçu, c'est qu'il était fait pour ça.

Mission
Au sein de la Brigade anti-courage, vous circulerez en uniforme par groupe de 3 au moins sur la voie publique soit en véhicule motorisé autoportant avec sièges intégrés plus communément appelé voiture, soit en vélo.
En voiture, vous serez amenés à vous garer dans les voies de bus et sur les trottoirs sans feux de détresse ni girophares afin de prendre le temps de verbaliser tout véhicule constaté en situation de stationnement irrégulière même pas gênante.
A vélo, vous veillerez à vous cacher derrière des touristes pour prendre par surprise tout les dangereux cyclistes brûleurs de feux rouges qui contribuent à la déréglementation de la circulation en ville et monopolisent trop souvent nos collègues des sapeurs pompiers. Rappelez-vous: seuls les véhicules de la Bac sont autorisés à cet exercice, l'absence de sirène ou de girophare ne pouvant être considéré comme une faute que prise sur le fait (Rassurez-vous, la moyenne d'admissibilité au concours de ces faux-frères est fixée à 19 sur 20 et le numérus clausus passe de 6 à 5 pour l'année 2008 en ile-de-france).

Veillez à verbalisez tous et tout le monde sans la moindre faiblesse qui pourrait être interprété comme un signe de relâchement, ou pire, d'intelligence alors que l'on vous recrute précisément pour cela, en plus de faire baisser le taux de chômage de catégories classés travaillophobes pathologiques chroniques et quand l'on sait que les pathologies chroniques sont amenées à être déremboursées par la sécu, chaque chiffre (se) compte.

En cas de constatation de délit plus difficile à appréhender, ne gaspillez pas votre énergie pour une tâche qui ne rapportera pas un sou: la rentabilité prime l'action, car la prime de doublement de salaire de notre ministre président doit être financée, c'est ce que l'on appelle de la bonne gestion de bon père de famille, fût-ce-t-elle cousine de la famille Staline.
Abhorrez donc les atteintes verbales sur la voie publiques même à moins de 50 m du HQ (pour Quartier (gu)Heneral). N'intervenez que si vous êtes en réelle position de force (7 contre 1 présente une marge de sûreté raisonnable). Dans ce cas, n'hésitez pas alors à vous défouler un peu sur le suspect, cela vous détendra et permettra d'abaisser un peu votre alcoolémie.


En résumé, vous aimez l'action, vous avez besoin de vous détacher de tout, de tout le monde, de toute pensée ou réflection, rejoignez-nous :)


Vous l'aurez compris, ce billet est un parodie aigre-douce (les fautes d'ortographe et de grammaire sont là pour renforcer le caractère parodique réaliste de la scène). Quelques explications viendront dans un prochain billet... ou pas parce que j’étais peut-être un tout petit peu remonté mais ca va nettement mieux: je me soigne :D.

Culture pub

Je n'aime pas la télé. Mais j'aimais bien l'émission de M6, culture pub. Et bien je constate avec plaisir qu'elle n'est pas morte mais toujours disponible sur Internet. Et ma fois, le contenu est toujours là: les spots de pub les plus décalés de la terre, qui sont aussi souvent les plus drôles.
A consommer avec modération tout de même, ça reste de la pub...

Au fait, je vais bientôt me marrier

L'élue de mon cœur s'appelle Carole. Et notre site web pour l'occasion est par ici.

Le JCVD du numérique

J'aime bien les humoristes. Quand je dis ça, je pense bien au delà des humoristes au sens où on l'entend tels les Bigard et autres Jim Carrey ou que sais-je encore. Non, quand je parle d'humoristes, c'est dans le sens beaucoup plus originel des personnes qui font rire. Parmi elles, il y a eu bien sûr l'inénarable Jean-Claude Van Damme dont les déclarations ont été reprises, rereprises si bien que cela ne fait plus rire du tout. On s'y attend trop. Pourtant, ce qui faisait rire chez lui, c'était bien cette capacité hors normes à faire des déclarations où seul l'intéressé semblait voir le fil logique, intelligible de ces paroles. Le comique de décalage est souvent bien plus puissant que le comique de bonnes vannes frontales passe-partout. Il n'y a qu'à relire Desproges, qui lui maîtrisait tout cela bien consciemment ce qui n'est pas plus mal même si dans le fond : le plus important demeure leur capacité à faire rire, quelque soit la méthode; ils vivent bien ensuite leur vie privée comme ils l'entendent.

Et bien, il existe un autre personnage que Jean-Claude, moins discret et pourtant moins rabâché et donc dont la fraîcheur comique est encore conservée. Ainsi cette surprenante vidéo:


Pour ceux qui ne l'ont pas reconnu, il s'agit de l'actuel président de Microsoft, Steve Ballmer.
En vérité, j'éprouve de la compassion pour Van-Damme. Pourquoi lui n'est-il pas PDG de Universal ou mieux, d'Endemol. Il avait l'étoffe pour cela :-p

Outdoor games : les moyens de jouer

Je n'ai pas encore parler d'une compétition que j'ai pourtant découverte en Février (comme quoi, parfois, c'est sympa aussi de prendre son temps): les outdoor games. J'ai découvert cette manifestation en allant grimper la Chéré en partant de l'aiguille du Midi cet hiver.
Alors bien sûr, je pourrais digresser sur les moyens mis en œuvre dans ce genre de manif', hélicos en tête sans compter le sponsor: Nissan ce qui ne va pas franchement dans le sens de ma fibre écolo tout ça :)
Mais non, je n'en parlerai pas et je vous propose donc d'aller zieuter ici un film démo de ce qui s'est passé cet hiver pendant, somme toute, que je grimpais "tranquillement":
ça se passe ici

Et si vous en voulez plus, y a un équivalent côté été:
c'est par là

Maintenant, c'est clair, les "moyens de jouer" sont avant tout dans leur mental assez incroyable mais aussi dans leur condition physique. Chapeau bas les artistes !

Le comité de la claque

Dans ma série déjà bien entamée de liens vers des sites humoristiques de plus ou moins bon goût, je vous présente le Comité de la claque.
Y parait que c'est une institution ouverte depuis 1895, il est tant de la (re)connaître !

L'art du journalisme

Alors voilà.
Dans mon boulot (ndlr: vendeur chez Décat'), j'ai une mission qui consiste à former les autres vendeurs sur les produits. Avec des coformateurs, on organise chaque année une formation sympa pluridisciplinaire et comme on est très motivé, on a invité cette année un invité de marc (Salut Marc !) qui est un des meilleurs spécialistes mondiaux du trail longue distance. Pour vous donner une idée, en dessous de 70 km et 4000 m de dénivelée positive, il s'enmerde ! Bon, je le dis avec mes mots à moi mais en gros, c'est ça :)
Tous les stagiaires posent des questions, et qu'est-ce que tu penses de telle marque de chaussures par rapport à Quechua ? Ca t'arrive de souffrir ? Pourquoi t'habites en Suisse ? Bref pas mal de débats. Puis vient une question: mais finalement, pourquoi ce sport et pas un autre comme de l'utramarathon par exemple, qu'est-ce qui te motive le matin, quand tu vas faire une course ?
Et bien la réponse de l'intéressé m'a litéralement scotché: "C'est le sport qui à mon sens, se rapproche le plus du rêve olympique tel qu'il était conçu à l'origine. Tout le monde pouvait participer à une compétition sans faire partie d'un club ou d'une fédération. Tout le monde se retrouvait ensemble à l'issu des compétitions pour vivre sans se poser de question, juste pour le plaisir d'échanger et rencontrer d'autres personnes d'horizons différents."
Nouvelle question: "si je comprends bien, tu ne veux pas que ton sport devienne olympique alors ?"
Réponse: "je souhaite en l'état actuel des choses que cela arrive le plus tard possible".

Cela a raisonné dans mon petit crâne tant et tant que j'ai mis un peu de temps à digérer ces paroles:
- c'est la première fois que je rencontrais un sportif de très haut niveau dont le but n'est pas de se distinguer, de se mettre en avant, mais de réellement développer l'Homme par le sport; c'est à dire se développer physiquement juste par la pratique, et intellectuellement par les rencontres sans aucun esprit d'en tirer un quelconque autre profit. Je ne suis pas très calé en histoire grecque. Pourtant, si c'était cela, l'idéal olympique originel, le développement de l'Homme.
- puis une seconde réflexion m'est venue. C'est qu'un tel propos était si puissant qu'il était pour le coup assez facile de le détourner, un peu, légèrement, juste ce qu'il faudrait pour dénaturer ces belles paroles et les rendre bien tapageuses, par exemple en reformulant la seconde réponse (et en ôtant la première): "je ne veux pas que mon sport devienne olympique !". Là on touche quelque chose, Ca pourrait créer une polémique, vendre du papier... pour une si petite transformation. Bref, je me suis dis que le métier de journaliste devait être bien dur car ne pas altérer le sens alors que chaque mot en a un revient à marcher sur un fil d'Ariane sans aucun filet de protection.

Puisse la sagesse de ce sportif être contagieuse à tous ceux qui ont la chance de le rencontrer, à commencer par les journalistes ;)

J'ai sorti mon chien à l'étranger ?!

J'habite une banlieue tout ce qu'il y a de plus ordinaire de la région parisienne, dans un quartier non moins ordinaire avec sa boulangerie, son gymnase, son épicier etc. Ma mère est passé à proximité le week-end dernier et m'a suggérer de faire le tour d'une rue (celle-ci est en boucle) à deux minutes de chez moi.
Et bien, ce fut une véritable visite tant on a l'impression que cette rue a quelque chose de "déconnecté" de tout ce qui l'entoure : chaque maison est une véritable maison d'architecte avec des détails aussi invraisemblables que nombreux. Bref, croyez-moi, pendant 10 minutes, le temps de sortir mon chien, je me suis véritablement retrouvé à l'étranger. Et j'en suis encore bien étonné ! En fait, j'avais même prévu de montrer un photo dans ce billet mais le rendu n'est pas à la hauteur de ces bâtiments ;). Next time ?...

N'importe quoi

Si vous aimez l'humour potache, plein d'autodérision mais évitant (le plus souvent l'écueil de la vulgarité ), allez voir ce site:
www.nimportequi.com
Mon préféré, c'est l'ascenseur disco ;).

Martine à la plage, c'est dépassé [+1]

Désormais, réalisez vos propres couvertures d'album de Martine ici... ou contentez-vous de vous poiler à regarder celles des autres. Dédé, c'est un site pour toi ;)
[+1] : et bin voilà, c'était bien la peine. Le site a été mis hors ligne "à l'aimable demande de l'éditeur Casterman". Tant pis :(
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