Au comptoir

Où le barman se perd en digressions variées à qui se présente à lui ...


Le plus bel endroit du monde

Avertissement : bien qu'inspiré de faits réels, ce récit comporte de nombreuses modifications et libres interprétations, ne serait-ce que par souci évident du respect de l'anonymat.

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- T'as vu l'article dans le daubé ?
- Non.
- Y a un alpiniste qui est mort avant-hier dans le Mont-Blanc...
"L'aléa" de l'alpinisme. En ce début de journée au boulot, une conversation comme il en arrive assez facilement avec cette montagne si exigeante. Machinalement, je cherche pendant ma pause le lendemain l'article dont le collègue m'a parlé. Pas par voyeurisme. Seulement savoir où ça s'est passé, comment. Je ne sais pas si tous les montagnards font ça. Mais beaucoup, oui, sûrement. Dont moi. Par esprit d'analyse, pour évaluer si j'aurais pu commettre la même erreur, ou simplement faire les mêmes choix d'itinéraire, de stratégie de progression.

La voie en question dans ce cas-là, c'est le pilier central du Freney sur le versant italien du Mont-Blanc. L'une des courses les plus techniques du massif. Qui plus est par une variante encore un peu plus dur que "la classique". Non je n'aurais sans doute pas été là. Pas encore le niveau en escalade. Par ce temps-là en revanche, oui, ça valait le coup de sortir. Un anticyclone magnifique qui s'est installé des semaines durant sur l'Alpe en ce mois de février. Et avec des températures clémentes en plus ! Le rêve.
Il était en solo... déjà que je ne m'estime pas au niveau mais alors dans ce contexte... L'article décrit le bonhomme comme doué et expérimenté. Il a fait son choix et en a assumé le prix. Les journalistes sont toujours friands des détails. Ceux qui échappent complètement aux faits pour toucher la sensibilité (sensiblerie ?) des lecteurs. L'article mentionne : "il a envoyé un dernier sms à un ami guide — Je suis dans le plus bel endroit du monde — laissant présager du pire". Ça "marche". Je commence à m'imaginer la scène : un type mourant à petit feu au pied d'un mur compact de granit orange, en pleine montagne, et profitant des dernières secondes qu'il lui reste à vivre en contemplant un ultime coucher de soleil (n'est-il pas, après tout, dans le plus bel endroit du monde ? ).

—~—

Quelques semaines plus tard.
On est appelé à intervenir sur une recherche de personne. C'est un membre de sa famille qui a donné l'alerte. Une réquisition est ordonnée pour géolocaliser son téléphone portable. Une heure s'écoule avant que des éléments, suffisamment concrets pour orienter nos recherches, ne justifient notre engagement dans celles-ci. La fiche précise que la personne est suicidaire et que dans les derniers SMS envoyés à sa famille, il dit qu'il se sent partir. Il est parti avec sa voiture, une Skoda verte. Je regarde la carte au 25 millième dans notre bureau. Il faut faire vite. La géolocalisation nous a permis d'identifier un cercle de 3 km de rayon autour d'un relais téléphonique, possiblement à l'est de celui-ci. Ça me semble crédible. C'est là que se situent les plus petits chemins, et les plus à l'écart de toute habitation. Il y a des falaises au sud-est... On ne voit qu'elles depuis le centre-ville de la bourgade locale. J'identifie en quelques dizaines de secondes deux ou trois secteurs sur lesquels je nous verrais bien concentrer nos recherches. On se met en route.

Mon camarade conduit avec la virtuosité d'un guitariste de métal sur une sept cordes : à toute vitesse et sans aucun à coup. Dans le village, on tombe sur un neveu. Ils sont en pleine recherche. Il nous informe que les pompiers aussi. A eux deux, ils ont fait toutes les routes du coin. J'essaie de vérifier s'ils ont ratissé mes "secteurs privilégiés". J'ai l'impression que ma description ne leur fait pas penser au chemin que j'ai en tête. Je crois que personne n'a encore regardé en dehors des routes goudronnées. Mon idée numéro un est une route forestière, en terre donc. L'image de l'italien m'obsède depuis que j'ai regardé la carte au bureau. Et s'il avait sauté ces fameuses falaises...
Je guide mon camarade droit sur le chemin en question. Après 400 mètres, nous trouvons la Skoda verte. Le tableau est sérieux. La victime à peine consciente. Je recontacte tout de suite le 18 pour leur communiquer une position GPS et des indications pour que le VSAB des pompiers puisse nous rejoindre au plus vite. On sécurise le véhicule. Parler à la victime pour la "garder". Mon camarade s'en charge, il semble posé dans son discours à la victime, cela me rassure un peu sur l'état de cette dernière. Je passe un premier bilan avec le SAMU au téléphone. J'ai oublié des éléments, c'est sûr. Comment faire autrement quand je n'ai pas eu l'occasion de replonger dans mon PSE depuis des mois. Le debriefing est un exercice ô combien utile...

La famille arrive. Les pompiers aussi. Des badauds peut-être enfin. Pas facile de "protéger" tout le monde dans ce genre de scène, de leur donner leur juste place. La victime est rapidement évacuée pour être hospitalisée. Fin d'intervention.

Mes camarades me félicitent pour l'orientation de nos recherches. Mais, franchement, je serais bien incapable de départager la part de "flair" de celle du "coup de bol" pour ce dénouement à temps. L'image de la falaise ne m'a pas quitté. Pourtant, la réalité était bien différente. Restent les songes. La lecture des chroniques tragiques de l'alpinisme...
Je me figure que la mort d'un alpiniste italien n'a peut-être pas été vaine, là où je m'y serais attendu le moins. Le plus bel endroit du monde.

Mises à jour

8 mois après le message "reloaded", j'ai fini de changer ce que je voulais changer sur http://rbacot.free.fr/ogenepi .
En résumé, le blog, rédigé à partir de Blogger, s'importe tout seul (quand Free ne déconne pas) dans le site web et dans Facebook. J'ai un hébergeur de rechange pour le cas où Free se montre défaillant. Je peux maintenant envoyés mes photos depuis iPhoto sur le mac dans Picasa en créant directos les albums adhoc. Ces albums sont visibles depuis le site web qui présente maintenant un mini-tuto pour les récupérer chez soi, mais aussi depuis l'onglet Picasa de Facebook. Toutes les informations du site sont à jour, même le CV : ouha-ou !

Du coup, j'ai maintenant de nouvelles idées pour que mes liens et recettes de cuisines soient gérées plus simplement. Le temps de m'y mettre et de savoir ce que je veux, à raison d'une ou 2 heures de temps par mois consacrée au site, disons que ca devrait être prêt... en 2013 ?


C'est beau l'informatique quand ça fonctionne...


NB: n'hésitez pas à me signaler les bugs si vous en voyez (enfin pas trop vite pour que je profite quelques heures de ce sentiment de satiété).

Plan d'entraînement à destination de Myriam

Bonjour Myriam,

voici ton programme d'entraînement qui commence maintenant :) .

Quelques remarques générales :
- L'idéal est d'espacer tes séances de 2-3 jours sauf mention contraire. Pense à boire régulièrement, l'idéal est une petite bouteille à la main si tu cours dans les bois ou dans les gradins si tu es au stade mais dans ce cas, tu ne bois qu'à la fin pour ne pas t'arrêter.
- Régime alimentaire: évite les denrées trop grasses et surtout l'alcool. Sur ce point, le plus important est d'éviter l'excès (un verre de vin par jour est moins préjudiciable qu'une cuite toutes les 3 semaines). Donc voilà, si tu bois un jour, évites de dépasser une bière ou bien un verre de vin dans la journée.
- La veille de séance, un plat de pâtes bien aldente est l'idéal avec un fruit en dessert.
- En début de séance, échauffement léger avec étirements très doux, mouvements articulaires (chevilles, hanches, bras) puis quelques courses de plus en plus sprint de qq secondes à dizaines de secondes (pour mettre en route ton coeur)
- En fin de séance, boire bcp. Pratique plutôt des étirements à froid.

Cette semaine :
- Une séance de 20 min en course douce pour reprendre, la seule chose importante est de ne pas t'arrêter.
- 2eme séance de 20 à 30 min idem sans t'arrêter.

2è et 3è semaines :
Tu gardes 2 séances par semaines et tu cherches à en augmenter progressivement la durée (toujours sans t'arrêter et sans chercher "à courir vite") jusqu'à courir 45 min à 1 heure dans une séance.

A partir de la 4è semaine :
Tu rajoutes une 3ème séance hebdomadaire. Du coup ça te fait:
- 1ère séance, tu ne changes rien : 45 min à 1h de course à rythme de fond.
- 2è séance: fractionné. Tu fais 3 fois 1500 m à fond avec juste après 5 min de course très lente pour le retour au calme mais si possible sans t'arrêter. Autrement, tu fais une pause la plus courte possible entre chaque.
- 3è séance, si possible le lendemain de la 2è: décrassage. Tu cours 30 à 45 min à très bas rythme pour éliminer les toxines.


Voilà, je sais, c'est contraignant mais le plus dur, c'est de commencer. Au bout de 3-4 semaines, tu devrais commencer à y prendre goût et voir que c'est une discipline où on peut aussi avoir d'autres sensations que de la souffrance.

Et pour le ski, ca ne peut que servir aussi (j'ai des champs de poudreuses qui ne sont accessibles que si on monte d'abord :) )

Good bye and good luck

Tel est le titre du mail que j'ai envoyé à mon magasin pour annoncer ma démission. Et aussitôt, j'ai une collègue qui est venue me voir pour me dire "trop bien le titre de ton message avec la référence au film". Alors, oui je me souvenais qu'il existait un film dont le titre ressemblait mais, très honnêtement, je ne me rappelais pas le sujet.
Et bien disons qu'il y a parfois des instants de grâce puisque le sujet du film était la résistance à la chasse aux sorcières organisée par le député McCarthy dans les années 50. Et le sujet subliminal de mon message était bien la résistance au n°2 de mon magasin qui bien à sa manière, organise un véritable harcèlement sur certains employés qu'il a dans le collimateur. Bref, l'adéquation parfaite entre la référence et la réalité, le tout de manière complètement fortuite, a quelque chose de divin. Je souhaite simplement, pour le bien de la communauté de ce magasin, que cette personne soit vite écartée aussi de toute possibilité de nuire comme le fut le député en son temps.

L'art du journalisme

Alors voilà.
Dans mon boulot (ndlr: vendeur chez Décat'), j'ai une mission qui consiste à former les autres vendeurs sur les produits. Avec des coformateurs, on organise chaque année une formation sympa pluridisciplinaire et comme on est très motivé, on a invité cette année un invité de marc (Salut Marc !) qui est un des meilleurs spécialistes mondiaux du trail longue distance. Pour vous donner une idée, en dessous de 70 km et 4000 m de dénivelée positive, il s'enmerde ! Bon, je le dis avec mes mots à moi mais en gros, c'est ça :)
Tous les stagiaires posent des questions, et qu'est-ce que tu penses de telle marque de chaussures par rapport à Quechua ? Ca t'arrive de souffrir ? Pourquoi t'habites en Suisse ? Bref pas mal de débats. Puis vient une question: mais finalement, pourquoi ce sport et pas un autre comme de l'utramarathon par exemple, qu'est-ce qui te motive le matin, quand tu vas faire une course ?
Et bien la réponse de l'intéressé m'a litéralement scotché: "C'est le sport qui à mon sens, se rapproche le plus du rêve olympique tel qu'il était conçu à l'origine. Tout le monde pouvait participer à une compétition sans faire partie d'un club ou d'une fédération. Tout le monde se retrouvait ensemble à l'issu des compétitions pour vivre sans se poser de question, juste pour le plaisir d'échanger et rencontrer d'autres personnes d'horizons différents."
Nouvelle question: "si je comprends bien, tu ne veux pas que ton sport devienne olympique alors ?"
Réponse: "je souhaite en l'état actuel des choses que cela arrive le plus tard possible".

Cela a raisonné dans mon petit crâne tant et tant que j'ai mis un peu de temps à digérer ces paroles:
- c'est la première fois que je rencontrais un sportif de très haut niveau dont le but n'est pas de se distinguer, de se mettre en avant, mais de réellement développer l'Homme par le sport; c'est à dire se développer physiquement juste par la pratique, et intellectuellement par les rencontres sans aucun esprit d'en tirer un quelconque autre profit. Je ne suis pas très calé en histoire grecque. Pourtant, si c'était cela, l'idéal olympique originel, le développement de l'Homme.
- puis une seconde réflexion m'est venue. C'est qu'un tel propos était si puissant qu'il était pour le coup assez facile de le détourner, un peu, légèrement, juste ce qu'il faudrait pour dénaturer ces belles paroles et les rendre bien tapageuses, par exemple en reformulant la seconde réponse (et en ôtant la première): "je ne veux pas que mon sport devienne olympique !". Là on touche quelque chose, Ca pourrait créer une polémique, vendre du papier... pour une si petite transformation. Bref, je me suis dis que le métier de journaliste devait être bien dur car ne pas altérer le sens alors que chaque mot en a un revient à marcher sur un fil d'Ariane sans aucun filet de protection.

Puisse la sagesse de ce sportif être contagieuse à tous ceux qui ont la chance de le rencontrer, à commencer par les journalistes ;)

Laisse béton

Ca vous est déjà arriver vous d'être animé de bons sentiments envers quelqu'un et d'avoir l'impression qu'il passe complètement à côté du message que vous vouliez lui dire.
Et bien moi, ça me fait un drôle d'effet à chaque fois que ça arrive. Ainsi, cette semaine, j'essayais de mettre en garde un collègue sur certains changements en cours dans les méthodes de travail et l'organisation de l'équipe. Moi, je voulais bien faire car, dans la grande distribution, quand on est vendeur à plein temps, on songe toujours d'une manière ou d'une autre à la place du dessus. Et bien au lieu de considérer ce que je lui disais, il a tout pris de haut.
Tant pis... que dit le proverbe, déjà, à propos de ceux qui ne changent jamais d'avis ?

Une grande première :D

et pourtant, on ne peut pas dire que j'ai fait quoique ce soit pour l'éviter.
En effet, dans la nuit de demain lundi à mardi a lieu l'inventaire de mon magasin. Et pour la première fois depuis 3 ans que je travaille chez Décathlon, je n'y serai pas car je dois former d'autres personnes. Ah quel dommage :[ ;)
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